Aménagement numérique des territoires où le temps arrêté. Quand est-ce que l’on démarre ?

Quelques soient les majorités, il est toujours étonnant de voir à quel point les propositions qui construisent les plates-formes électorales ne sont en fait quasiment jamais traduites en vrais projet avant ou juste après la prise de pouvoir. C’est encore une fois le cas de la proposition 4 des 60 engagements de François Hollande. Elle annonçait un soutien fort au développement « des nouvelles technologies et de l’économie numérique, levier essentiel d’une nouvelle croissance, en organisant avec les collectivités locales et l’industrie la couverture intégrale de la France en très haut débit d’ici à dix ans ». L’hiver arrive. La crise s’installe. Les plans fondés sur le seul désendettement montrent partout leurs limites, parfois même leurs incohérences. Et le numérique, qui est pourtant présenté comme l’un des leviers majeurs de relance sauf d’ailleurs visiblement dans le dernier pacte de compétitivité, attends toujours. Jusqu’à quand ?

Bien sûr les annonces s’enchainent.  Heureusement les débats succèdent aux débats et le prochain, les Assises du Numérique 2012, s’annonce encore passionnant. D’évidence nos ministres en charge, Fleur Pellerin et Cécile Duflot, travaillent le dossier. Des équipes se forment, des discussions s’engagent, des initiatives d’organisation se prennent. Ici on définit des référentiels, là on construit des accords. Belles initiatives mais il faut bien constater que sur l’essentiel rien n’avance vraiment. Parfois même, ici et là, on sent poindre comme un doute. A quoi bon tous ces débats, tous ces groupes de discussion, toutes ces fédérations si aucun grand projet n’existe ?

Un ancien Président de la République affirmait qu’il fallait donner du temps au temps. Mais était-ce du temps pour décider ou du temps pour réussir. J’ai toujours compris la formule dans le sens second, comme le rappel des limites des politiques du seul court terme. Naïveté  personnelle ? Je ne sais pas. Nous verrons bien puisqu’une feuille de route est annoncée pour 2013. Ne sera-t-elle que la seule organisation de l’équipe commando THD  esquissée cet été ? Décidera-t-elle enfin de légiférer pour revoir ou compléter ce qui empêche le PNTHD de fonctionner correctement aujourd’hui ? Permettra-t-elle, par exemple, de mettre en cohérence de Code Général des Collectivités Territoriales et le Code des Postes et des Communications Électroniques en matière de droits et devoirs numériques, notamment pour les opérateurs de RIP ? Définira-t-elle enfin une vraie stratégie de basculement du réseau cuivre vers les réseaux optiques ? Donnera-telle ainsi les moyens de sécuriser les investissements numériques publics et privés ?

L’avenir le dira. Comme il dira si l’on se décide enfin aussi à travailler un grand plan d’usages numériques et de distribution de services d’intérêt publics 2.0 de plus en plus indispensables. J’espère l’avoir démontré dans la dernière partie de cet ouvrage.

Nous attendons. Et le temps nous semble parfois bien long.