Les spécificités du projet très haut débit ? Quel référentiel pour inventer un cadre adéquat d’aménagement numérique ?

Dans le faits, le cadre fixé pour le très haut débit s’inspire du modèle utilisé pour l’ADSL. Peut-on donc ainsi transposer l’esprit de la régulation utilisé pour un réseau existant, déployé en grande majorité par une organisation des Postes et Télécommunications alors publique, pour des infrastructures optiques encore largement inexistantes? Peut-on d’ailleurs penser le déploiement des réseaux optiques en se fondant sur les seules offres traditionnelles des fournisseurs de services du monde des télécommunications ? Telles sont quelques-unes des questions sur lesquels l’ouvrage que je finalise abordera pour esquisser une voie alternative. C’est pour cette raison que mon rythme de publication sur Numericuss se réduit considérablement ; c’est pour cette raison aussi que je propose ce texte aujourd’hui, un texte destiné à mettre en critiques ces 4 objectifs d’une possible future politique d’aménagement numérique très haut débit de tout notre pays. Merci de vos réactions et propositions. Lire la suite de « Les spécificités du projet très haut débit ? Quel référentiel pour inventer un cadre adéquat d’aménagement numérique ? »

Aménagement numérique des territoires – Les 14 travaux d’Hercules ?

Je sais je sais, Hercule n’a en fait réaliser que 12 travaux…  Mais le temps passe et s’il revenait aujourd’hui, sans nul doute en ferait-il plus pour pouvoir passer au 20 heures. Une communication réussie est à ce prix ! Il monterait même j’en suis sûr une solution Hercule 2.0… Bref, ce ne serait plus Hercule, fils bâtard de Zeus et d’Alcmène, mais une épopée ultra-moderne managée par un réseau de grands lascars associés autour d’un vrai projet. Comme en matière d’aménagement et de développement numériques des territoires ? La preuve dans les lignes qui suivent. Un petit article pas sérieux pour tester un vrai schéma d’organisation. Critiques espérées… Lire la suite de « Aménagement numérique des territoires – Les 14 travaux d’Hercules ? »

Aménagement numérique du territoire : quelques détails qui n’en sont pas !

Le débat sur THD fait rage sur les infrastructures et les questions associées. Péréquation, abondement du FANT, reconnaissance d’un statut d’opérateur pour les RIP… Toutes ces questions relèvent bien de véritables enjeux pour construire le très haut débit qui sera demain l’un des sésames de la vie citoyenne. Il est donc légitime qu’elles occupent le devant des agoras numériques.  Ces sujets ne constituent pourtant qu’une partie des problèmes. Nombre d’interrogations importantes demeurent encore trop dans l’ombre. Premier tour d’horizon de détails qui, je crois, n’en sont pas. Lire la suite de « Aménagement numérique du territoire : quelques détails qui n’en sont pas ! »

Un opérateur d’opérateurs THD rural : le groupe Altitude Infrastructure

Le groupe Altitude Infrastructure entend placer « le très haut débit au cœur des territoires ». C’est la promesse inscrite au fronton de sa page d’accueil Internet. C’est en effet l’une des rares entreprises, avec Covage et Axione notamment, à avoir osé le pari de l’aménagement numérique des zones peu ou pas denses. David El Fassy, DG du groupe Altitude Infrastructure, présente son groupe et sa stratégie. Il propose également un point sur un FAI partie intégrante du groupe, Wibox, dirigé par Thomas Gassiloud.

Parmi les 17 projets que le groupe gère au niveau national, dont Net64 déjà présenté ici, l’un d’entre-eux nous tient particulièrement à cœur , je pense en particulier à mes amis des Webdugévaudan qui se battent pour faire de la Lozère un département innovant en matière de très haut débit. Il s’agit de l’opération  d’Aumont Aubrac, plateforme expérimentale THD rurale retenue par le Gouvernement. Le groupe Altitude Infrastructure réalise en ce moment les travaux de construction de 530 prises Ftth. David El Fassy nous propose un point sur ce projet qui paraît confirmé, après l’Ain, Morcenx et d’autres, à quel point les courbes de prise d’abonnement sont fortes en zones blanches.

Le très haut débit en zone rurale est possible. Les exemples convergent pour montrer que l’économie de ces projets ne relève pas de la science fiction. Encore quelques astuces et coopérations à trouver, par exemple pour réduire les coûts de construction ou pour développer les usages locaux, et cette utopie de zones rurales inscrites dans l’invention de la socio-économie des services à 1 Gbps de demain sera tenable. Et, du fond des campagnes monta un cri, péréquationnnnnnn 🙂

A suivre demain la troisième partie de l’interview de David…

Une théorie du contre-pied ? Pour le déploiement du THD en milieu rural !

Dans le prolongement du précédent post, au détour de l’interview de notre quasi père THD à tous, Jean Michel Billaut, interview proposé dans un prochain article, une idée saugrenue nous est venue… Elle trottait je crois aussi dans la tête de Marc Duchesne et de quelques iconoclastes comme Altitudes InfrastructuresEt si l’idée de commencer le déploiement des réseaux fibre dans les zones denses était une fausse bonne idée ?…. Pourquoi ne commencerions-nous pas d’abord en « milieu rural » ? J’entends d’ici le flot de bonnes raisons pour crier à l’hérésie télé-communicatrice… Pas assez de densité d’abonnés,  des coûts de déploiement prohibitifs, aucune appétence réelle de la part des grands opérateurs, des modèles économiques  impossibles… Toutes ces (bonnes) raisons s’imposent d’évidence comme de vrais obstacles. Les sous-estimer relèverait de l’escroquerie intellectuelle… Pire encore d’une indigne tactique du « Yaqu’àfautqu’on » qui ne nous mènerait nulle part.  Ces véritables obstacles construisent-ils pour autant un barrage plus infranchissable que celui que dresse, notamment, le DSL performant en zone dense pour des abonnés qui, au-delà des geeks et assimilés, ne voient guère le « plus » de la solution optique. Pareille discussion paraît à priori ne pas manquer d’intérêt. Elle esquisse une petite théorie du contre-pied selon laquelle, dans le cadre d’une politique bien comprise d’aménagement du territoire versus équilibre et solidarité,  la « puissance publique » compenserait l’absence de centralités et la disparition progressives des services existants en zones peu denses, par une politique d’hyper compétitivité numérique « rurale ». Le débat ne manquerait pas de panache et, surtout de sens. Télémédecine, télétravail, services de maintien à domicile, e-commerce de produits agricoles en circuits courts, réduction des émissions de Co2 via la diminution des besoins en trajets, offres culturelles en ligne, formation à distance, visio guichets de services publics (…), les « bonnes raisons » sont en effet nombreuses pour  ne pas éviter de se reposer sans cesse la question de l’aménagement numérique rural via une technologie à la mesure des besoins et des distances telecom à franchir, l’optique. Et de trouver des réponses…

Et puis, souvent, c’est en se posant des problèmes difficiles, comme ceux au cœur du développement numérique rural, que l’on trouve les chemins, les ruses et les pistes pour avancer dans la complexité de la socio-économie des réseaux. A quand donc une grande conférence, soyons fou, un « Grenelle » du développement numérique rural ? En attendant, je proposerai ici quelques exemples, études, contre-pieds ou fausses bonnes idées afin de contribuer modestement au débat. Je serai d’ailleurs à ce sujet très reconnaissant à ceux qui voudraient bien m’indiquer des projets à suivre.