Le très haut débit ne serait –il donc pas un investissement si créateur d’avenir que cela ? Est-ce cette question qui est aussi implicitement au centre du dernier rapport sur le THD ?

L’excellent rapport consacré aux nouveaux services et usages permis par le très haut débit confirme nombre d’observations déjà connues. Pas encore de services THD discriminants en regard du haut débit, un modèle économique qui reste à inventer en France, des abonnés Ftth présentant des comportements finalement encore peu différents des ceux qui prévalent dans le Dsl… Si l’enjeu consistait à se donner des arguments pour différer les objectifs du plan national Très Haut Débit, on ne s’y serait sans doute pas pris autrement. Nul ne veut pourtant croire que telle est la vraie finalité de cette mission. On s’attachera donc plutôt, à travers ce rapport, à rappeler la force des leviers qui incitent à investir dans ces réseaux. On pointera aussi quelques-unes des contradictions qui demeurent. On observera notamment, via le prisme de l’analyse proposée sur la chaîne de valeur, la discrétion du rapport quant aux « bonnes raisons » des acteurs publics d’investir dans les réseaux optiques. Comme si le THD n’était définitivement en France qu’affaire de grands opérateurs. Or, à ce sujet, il est toujours aussi étonnant de voir, d’un côté, la qualité des démonstrations qui prouvent la fragilité des modèles économiques des opérateurs télécoms privés en matière de THD et, de l’autre, l’absence, tout au moins apparente, de réflexions, au niveau national, pour envisager des modèles alternatifs. A quand donc un nouveau rapport sur « le très haut débit, examen d’un scénario d’investissement alternatif de déploiement » ou « comment organiser et de réseaux de réseaux locaux organisés autour d’une plate-forme d’exploitation – commercialisation unique » ? Lire la suite « Le très haut débit ne serait –il donc pas un investissement si créateur d’avenir que cela ? Est-ce cette question qui est aussi implicitement au centre du dernier rapport sur le THD ? »

Une utilisation de plus en plus experte du web…

L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) et le Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGIET) ont récemment publié les résultats de la 8ème enquête annuelle sur la diffusion, en France, des technologies de l’information (téléphonie fixe et mobile, internet, micro-ordinateur). Réalisée par le CREDOC, en juin 2010 via des entretiens réalisés auprès d’un échantillon de 2 230 personnes représentatif de la population française de 12 ans et plus, les résultats confirment, s’il le fallait, l’appétence des internautes de notre pays pour les solutions de mobilité, SMS et internet mobile. Dans le droit fil des questions au centre des préoccupations de Numericuss, le développement numérique territorial, l’enquête montre également la forte montée en puissance des services en lignes et des usages « experts ». 23 millions de personnes ont effectué des démarches administratives et fiscales sur internet en 2010, soit un doublement en cinq ans. Le commerce électronique s’affirme plus que jamais comme l’un des usages les plus fréquents avec 44% d’acheteurs sur Internet (+3 points en un an).  Les déclarations en ligne, fiscales notamment, se développent. La téléphonie via un PC, grâce à Skype en particulier, prend de plus en plus d’importance. L’analyse multivariée réalisée par le CREDOC, analyse reproduite ci-dessous, synthétise ces différents types d’usage.

Ces résultats amènent sans doute de l’eau aux moulins de ceux qui défendent une approche de plus en plus orientée « services » et formation dans les réseaux Très Haut Débit.