Altitude Infrastructure rachète CitéVision. Est-ce le premier signe tangible d’un changement de stratégie des opérateurs aménageurs du territoire ?

Altitude Infrastructure vient d’annoncer l’acquisition de l’infrastructure fibre optique et câble de l’opérateur amiénois France CitéVision et de son activité de fournisseur d’accès internet grand public sous la marque CityPlay. C’est le premier véritable investissement  d’Altitude dans une boucle locale non issue d’un Réseau d’Initiative Publique (RIP). Un vrai changement donc pour cette entreprise. C’est peut-être aussi le premier signe tangible d’une possible révision de la stratégie des opérateurs aménageurs des territoires ? La concurrence, les initiatives grandissantes des Collectivités territoriales pour reprendre en main une partie de leurs devenirs numériques et la construction des réseaux de nouvelle génération, notamment en fibre optique, semblent les y pousser. C’est une bonne nouvelle ! Lire la suite de « Altitude Infrastructure rachète CitéVision. Est-ce le premier signe tangible d’un changement de stratégie des opérateurs aménageurs du territoire ? »

France Telecom ne renonce pas à contractualiser avec un RIP, celui de Pau, pour lancer des offres Ftth.

 Version 3. Pan sur le Bec de Numericuss ! Mes informations concernant la décision de France Telecom de renoncer à devenir VFAI sur le réseau fibre optique de Pau Pyrénées étaient donc fausses. Voici ci-dessous la réponse officielle de France Telecom.

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Les sociétés publiques locales : une occasion pour relancer le débat sur l’exploitation directe des réseaux Telecom par les collectivités ?

Dans un article des Echos du 24 janvier, Philippe MOREAU signale le démarrage progressif des sociétés publiques locales (SPL). Pour rappel, ces SPL reprennent le modèle des Société d’Economie Mixte (SEM), SPL et SEM se distinguant par la composition de leur capital social et des relations contractuelles avec leurs collectivités locales actionnaires. Dans le cas des SEM, le capital est mixte (50 à 85% pour le capital public et 15 à 50% pour le capital dit privé) alors que pour les SPL, les collectivités locales (au moins au nombre de 7) détiennent la totalité du capital.

Les SEM ont déjà largement démontré leur intérêt, notamment dans les projets TIC. Gestion de zones d’activités dédiées, comme Pau Cité Multimédia, FAI comme la SEM E-tera, ces sociétés publiques jouent un véritable rôle de levier en matière d’économie numérique. Pourront-elles demain aussi permettre enfin aux collectivités territoriales de procéder en matière de gestion de réseaux de télécommunications à l’instar de ce qu’elles ont le droit de décider pour les réseaux d’eau par exemple ? C’est en effet là l’une des bizarreries de nos politiques nationales. Il n’est pas toujours si simple pour une collectivité de devenir opérateur de services Internet…

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A quand, enfin, un opérateur très haut débit non uniquement triple play en France ?

La Communauté d’agglomération Laval Agglomération (Mayenne) vient d’attribuer une  Délégation de Service Public (DSP) pour le déploiement d’un réseau très haut débit (20 communes et 100 000 habitants).  Il s’agit d’une classique concession obtenue par l’opérateur historique  pour 25 ans. Ce dernier, ès qualité opérateur neutre, s’engage à couvrir en fibre optique d’ici 7 ans la totalité des foyers et des entreprises en zones denses. Pour les zones peu denses, « une solution intermédiaire haut débit » via satellite sera proposée avec un débit de 2 Mbit/s pour tous. L’économie générale des offres de l’opérateur neutre local contrôlé par FT reste inconnue pour nous à ce jour ; la liste des opérateurs clients de FT également.

La question-clé est toutefois sans doute à chercher par-delà les catalogues de services du concessionnaire France Telecom. Pour le dire plus directement, cette information m’aurait laissé presque indifférent si ce n’était pas Laval. Mais c’est Laval ! Et Laval est connue pour son dynamisme dans les domaines de la 3D et de la réalité virtuelle. Depuis de longues années, Laval tente, prend le risque d’un positionnement innovant, investit, ne change pas d’avis… La boucle THD de la Communauté d’agglomération pourrait donc enfin donner à notre pays la possibilité de tester un autre modèle économique que celui du trop triste triple play. Enfin ?

Six ans après le lancement de la première grande boucle Ftth de France à Pau, après les retards du projet du département Hauts-de-Seine, les difficultés souvent récurrentes de bien des RIP (Réseaux d’Initiative Publique) à mobiliser des opérateurs THD, la France reste orpheline d’idées et d’expérimentations dans ce domaine. Faute sans doute d’un volume de prises Ftth encore suffisant, les faits prouvent que le marché paraît seul peu en situation d’inventer. Il me revient en mémoire, les tentatives que nous avions menées à plusieurs reprises à ce sujet sur Pau Broadband Country, en coopération avec des amis comme Gérard Fauveau (DSI Pau), JM Billaut ou Pierre-Eric Saint André (Etde-Axione), et sous l’impulsion d’André Labarrère. Rendez-vous du très Haut débit, Citem 2003, mercredi du THD organisés chaque mois pendant quasiment 2 ans, avec à chaque fois, entre 10 et 20 entrepreneurs nationaux ou internationaux présents sur Pau… Force est de constater que nous attendons encore le début d’une vraie innovation dédiée THD et qui lance durablement les services symétriques 100 Mbps et plus.

Sans aucun doute, cette ou ces solution(s) existe(nt). Attendent-elles dans les armoires électroniques des laboratoires de grands opérateurs ou d’inventeurs géniaux la fin de l’exploitation de la mine du cuivre française ?  Patientent-elles scrutant, moral en berne, la courbe des abonnés Très haut débit de notre pays ? Émergeront-elles, comme c’est souvent le cas, au détour d’une valley transatlantique ou, demain matin, asiatique?  Face aux Pyrénées, comme d’autres devant la ligne bleue des Vosges, je trouve ce temps-là un peu long.

A quand, enfin, un opérateur Très haut débit non uniquement triple play en France ?

En termes de développement numérique territorial,  nous sommes en effet nombreux à penser que les offres du triple ou du quadruple play n’apportent finalement qu’assez peu de valeur ajoutée « territoriale », ou tout au moins pas assez. Les solutions fibre optique permettraient d’inventer tant d’autres choses, tant d’autres services et de technologies. Des solutions sans doute qui seraient ensuite « exportables », comme la France l’a fait pour l’eau, l’électricité, l’environnement. Quelques-uns des champions mondiaux de l’économie du Très Haut débit de demain peuvent émerger en France. J’en suis convaincu. Je veux l’être. Je crois donc à l’importance du rôle des RIP dans ce domaine, à leurs potentialités et à leurs richesses. Au moment où l’on cherche à la fois un nouveau dynamisme industriel, à consolider les outils de développement durable et à redonner la place indispensable à cette économie du care et de la solidarité sans lequel ce monde tourne un peu de carré, je voudrai voir un peu de lumière passer dans les fibres qui se déploient ici et là sous l’impulsion courageuse de collectivités territoriales.

Utopie ? Sans doute mais, tout d’abord, il en faut, et ensuite, il y a Laval, et dans cette agglomération le centre dédié à l’informatique en temps réel et à la réalité virtuelle a été baptisé  “clarté”… Alors boucle locale THD et Clarté est-ce vraiment la bonne équation (c’est la promesse de Laval Mayenne Technopôle) ?