Très haut débit dans l’Ain

La troisième et dernière partie de l‘interview de Patrick CHAIZE, directeur du Syndicat Intercommunal d’énergie et de e-communication de l’Ain (SIEA), a trait aux opérations de déploiement de réseau fibre optique dans l’Ain, notamment en milieu rural. Cet échange me semble riche à bien des titres. Il confirme d’abord que l’essentiel des techniques de déploiement en espace public sont maîtrisées en milieu rural aussi. Le SIEA fait notamment un usage important des solutions aériennes qui donnent satisfaction et qui permettent de réduire significativement les coûts de déploiement.

L’interview de Patrick CHAIZE donne ensuite des informations précises sur la faisabilité financière de ces chantiers numérique très haut débit en campagne. Je vous engage à aller jusqu’au bout de l’échange ; la démonstration mérite le détour. De manière schématique, elle indique que l’équation financière réseaux très haut débit ruraux semble tenable. D’une part, les expériences de l’Ain montrent la grande appétence des consommateurs ruraux pour des solutions très haut débit performantes. Les parts de marché fibre optique y atteignent des sommets. D’autre part, ces opérations aboutiraient à un retour sur investissements d’environ 15 ans avec une part de soutien financier public d’environ 20%. Quinze ans pour des investissements publics semblent constituer un temps de retour que l’on pourrait qualifier sans grand risque « d’intérêt général ». Mais avec un soutien public, dans le cas de l’Ain essentiellement régionaux et européens, de 20%… Et là se repose encore et toujours la question de la solidarité numérique nationale. Je ne crois pas, à ce titre, à la course en avant actuelle de territoires ruraux engagés dans une quasi concurrence sur les aides et les soutiens. Ce n’est pas là bonne économie. Nous sommes en outre nombreux à espérer des éclaircissements rapides sur les usages du Grand Emprunt National. Mais, en supposant que les réponses attendues ne tardent plus, plus j’avance dans mes entretiens, plus j’échange, plus j’écoute, plus se forge une conviction forte : il y a urgence à lancer une solution de péréquation. Nous reviendrons plus amplement sur ces questions dans un prochain article.

14 thoughts on “Très haut débit dans l’Ain

  1. Elle me semble d’autant plus tenable si une solution d’actualisation au niveau départemental est inventé :

    1/ Actualisation type VGE (téléphone à marche forcée de 1975)
    2/ Fonds d’amortissement type FACÉ

    En gros, c’est poser la question : « Quelle somme êtes vous prêts à mettre pour disposer du droit à une prise THD immédiatement ? »

    Il est nécessaire d’aller plus fin dans les comptes et bilans du SIEA pour trouver les sorties par le haut. Personnellement, le temps d’amortissement de 10 ans qui avait été proposé dans le projet initial 2006 me semble de très bonne sagesse comptable au vu de l’évolution rapide des techniques. Le problème lourd me semblait être les péages exigés par FT afin d’avoir accès à ses réseaux de transport.

    En matière de développement local (niveau département), ce qui crée le potentiel, c’est la puissance du réseau local. Faut peut-être que les responsables départementaux se mettent cela dans la tête. À coté d’une réseau départemental de densité max, le réseau de FT est un géant anémié sous oxygène des péages ; un pré-cadavre.

  2. Bien sur qu’il y a urgence à trouver des solutions de péréquation !
    Si tu le « sens », n’hésites pas à écrire, de ma part, à mon député,Pierre Morel à l’Huissier ( pmorelalhuissier@assemblee-nationale.fr ) dont la proposition de loi doit « moisir »dans un tiroir de l’assemblée. Comme samedi il présente ses voeux chez lui en Lozère il pourrait intégrer quelques idées dans son discours ! ce qui ser’a loin d’etre suffisant mais me permettrait d’enfoncer le clou auprès du président du cg (son suppléant) pour proposer une expérimentation sérieuse en Lozère dans la foulée du site pilote FTTH d’Aumont Aubrac

  3. Je partage vos questions les amis.

    Bernard sur les durée d’amo, il faut bien entendu traiter de manière distincte passif (peu d’obsolescence je crois) et actif.

    Yves, si tu vois ton député, peux tu lui demander si un interview par téléphone est possible ? je vais lui envoyer un mail

    bernard au fait. je n’ai pas de nouvelle du sénateur pour recaler une date d’interview…

  4. L’interview de Patrick CHAIZE n’est pas cohérente avec celle de Thomas GASSILOUD.

    Le raisonnement de Patrick repose sur un coût mutualisé à la prise d’environ 400 € ; celui de Thomas sur un coût d’environ 1 100 €. Il me semble pourtant que Thil fait partie de la zone d’intervention du SIEA.

    Quelqu’un peut-il expliquer ?

    Sur les amortissements, (je ne suis pas un grand comptable), il me semble que le SIEA est en période de montée des investissements ; donc ses actifs immobilisés augmentent très rapidement alors que sa dotation aux amortissements suis avec un certain retard. D’autre part, les ressources d’amortissement sont directement proportionnelles aux abonnements délivrés. Si j’ai bien lu le projet, version 2006, l’objectif était que les amortissements représentent un tiers du prix des produits.

    Il faut débattre de l’obsolescence pratique des réseaux FO (l’obsolescence technique, nous pouvons l’évaluer : il y existe un rapport de 1 à 2000 entre les fibres de 3ème génération et celle de dernière génération) ; par contre, la durée de vie des équipements ad hoc est prévisible de 5 ans mais il est possible, comme pour le matériel informatique, d’établir une durée d’amortissement de 3 ans. Je crois qu’envisager des durées de vie de l’ordre de 50 ans (comme l’a fait Altitude Infra) à des industriels du net qui visent des retours sur investissement de l’ordre de quelques mois n’est pas très sain et participe du mouvement qui a débouché sur la crise financière de 2007.

  5. Je n’ai pas souvenir de ce chiffre de 400 euros. 400 euros est le tarif moyen que j’ai donné pour Pau zone dense en comparaison avec 1200 euros environ en zone peu dense. Me trompe-je ?

  6. A l’écoute de Patrick CHAIZE, j’ai noté coût moyen aux alentours de 400 € avec des coûts de l’ordre de 1200 € dans les zones zéro ADSL. Il y a un recoupement : projet de 200 millions d’euros pour 500 000 prises potentielles. Je n’ai en effet pas recoupé le nombre de prises (qui me semble élevé pour un département de 530 000 habitants).

    Il est vrai que c’est le coût à la prise que je recherchais précisément en écoutant Patrick CHAIZE.

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