Aménagement numérique et culture technique des élus : priorité aussi à la formation.

La conférence donnée par Claudy Lebreton lors des derniers états généraux des RIP de mars 2014, reprise dans cet article, lui a permis de dresser à la fois la liste des principaux enjeux, des opportunités mais aussi des freins à prendre en compte pour avancer en matière de développement numérique des territoires. Parmi ces priorités, figure la question de la formation des décideurs, et notamment des élus. Vraie question même si la rareté des actions dans ce domaine montre tout le chemin encore à parcourir.

Pour M. Lebreton, la technicité des questions autour des réseaux constitue en effet l’une des spécificités des dossiers de l’aménagement numérique. Elle demande selon lui une culture générale réseaux et internet suffisamment solide pour pouvoir décider en aussi bonne connaissance de cause que possible. Comment ne pas lui donner raison ? Comment d’ailleurs ne pas se réjouir de voir un élu important, Président de l’Assemblée des Départements de France et du Conseil général des Côtes d’Armor, placer enfin la question de la formation au premier rang des leviers à actionner ? Bonne nouvelle donc : quelques-uns de nos élus réclament plus de formation.

Quelles méthodes et quels outils de formation ?

Cours classiques, ateliers, formation en ligne… Il reste toutefois sans doute à trouver les solutions ad hoc dans ce domaine. Pour avoir souvent accompagné des groupes d’élus sur des questions haut ou très haut débit, il me semble peu efficace de commencer par de tels formats ou, tout au moins, de ne construire les efforts de formation que sur ces seuls formats. C’est d’ailleurs de plus en plus souvent le cas aussi pour mes groupes d’étudiants en matière de E-tourisme et de développement numérique local. Ils sont de plus en plus réactifs à des logiques d’apprentissage sur « projet », avec un volet « à la demande » et utilisant à des méthodes de travail collaboratif également asynchrones, souvent en mode pair-à-pair.

J’ai la conviction que les techniques de formation dédiées élus restent elles aussi, si ce n’est à inventer, mais tout au moins à moderniser. Plus largement, cet enjeu pose d’ailleurs plus largement la question de l’ingénierie pédagogique liée aux techniques, aux usages et aux outils qui permettraient de faire des investissements publics numériques de vraies ressources territoriales qui est posée. Et, bien entendu, cet enjeu ne concerne pas que les élus.

Une solution de formation augmentée dédiée « développement numérique des territoire »

Pour avancer, nous travaillons, dans le cade de Numericuss – le Lab, à la conception d’un format d’apprentissage numérique avec une entrée « projets et ingénierie du développement numérique local ». L’objectif consiste à décliner, en fonction de cibles usages ou services précis, les plus et les moins des différentes solutions techniques.Ce format enrichi associe l’avant, le pendant, l’après-formation et des solutions associées de travail collaboratif en ligne. Les premiers tests de cette expérimentation formation augmentée concerneront la e-inclusion avec un volet notamment centré sur l’habitat social. Le premier week-end de cette « université numérique des territoires » devrait se tenir à Lyon cette fin d’année.

5 thoughts on “Aménagement numérique et culture technique des élus : priorité aussi à la formation.

  1. La FORMATION est la PRIORITE dans tous les domaines , à commencer bien évidemment par les élus. Reste à trouver qui former et comment ?
    Dans un papier récent je suggérais la nomination d’un « référent numérique » dans les conseils municipaux…à minima dans les conseils communautaires http://websdugevaudan.wordpress.com/2014/03/26/un-referent-numerique-dans-chaque-conseil-municipal/
    Depuis j’ai trouvé un peu de travail à lui confier !!! organiser des réunions « citoyennes » pour réfléchir, entre autres, à la création de maisons de santé pluridisciplinaires « augmentées »
    http://websdugevaudan.wordpress.com/2014/03/30/e-sante-une-revolution-en-marche-avec-les-citoyens/
    La SANTE , thème fédérateur(tous les citoyens sont concernés) peut susciter des démarches locales animées par un référent numérique bien formé ….grâce à des méthodes innovantes comme celles que tu préconises ….et en utilisant le concept de classe inversée ? ( 3 phases ( 1-apprentissage en ligne 2- QCM 3- ateliers présentiels par niveau suite à résultats du QCM) ??) idée donnée par le président de l’Ecole des Hautes Etudes en Sante Publique
    L’idée de « référent numérique » commencerait-elle à trouver un petit écho ? Jean François Deloustal, le nouveau jeune maire de Marvejols vient de me faire savoir qu’il avait un adjoint à l’économie numérique. Mon maire, lui, Jacques Blanc, m’avait promis, avant les élections, qu’il en aurait aussi un ! J’attends 😉

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