La France prépare-t-elle vraiment l’ère du Gigabit ?

plaquette-france-thd-2016_pdfL’Europe numérique bouge. Bruxelles vient de lancer le projet « Gibabit Society ». Son objectif ? Stimuler le déploiement de solutions d’accès à Internet permettant des débits déclinés en Gbps. Pour y parvenir , la Commission se dit prête à revoir la réglementation afin de favoriser le co-investissement entre opérateurs. Réjouissantes perspectives. Mais la France s’est-elle donnée les moyens de tenir cette direction partout et pour tous ? Trois questions laissent planer comme un doute…

Dans notre pays, le célèbre « Plan France Très Haut Débit » reste la pierre angulaire de l’aménagement numérique. Depuis deux Présidents de la République, c’est lui qui scinde le paysage des infrastructures numériques en deux camps retranchés. Du côté des métropoles, du marché et de l’hyper-densité, les grands opérateurs avancent. De l’autre côté, celui de plus de 45% de la population, les Collectivités Territoriales restent les maîtres d’ouvrage sous le contrôle plus ou moins direct des directives nationales et européennes. Ce sont elles en effet qui dictent les décisions des aménageurs locaux incités, pour bénéficier des subventions du Fonds de Solidarité Numérique, à suivre le modèle d’investissement public numérique de l’Etat.

Mais ce plan France Très haut débit dessine-t-il la voie vers la Gibabit Society ? Dans la majorité des espaces métropolitains, on peut le croire. Pour les autres, le doute est permis. Plusieurs raisons à cela qui pointent à nouveau les limites d’un jeu depuis trop longtemps à l’œuvre.

Notre THD Français est-il celui de Bruxelles ?

Première raison, le France Très haut débit défend une conception du THD qui pourrait presque constituer une nouvelle exception française. Il considère en effet qu’un accès Internet est « Très Haut Débit » dès qu’il permet des accès (ndlr: descendants) supérieurs à 30 Mégabits par seconde. Pour l’Europe en revanche « tous les foyers européens, ruraux ou urbains, devraient avoir accès (en 2025) à une connexion offrant une vitesse de téléchargement d’au moins 100 Mbit/s susceptible d’être convertie en une connexion gigabit ».

Entre 30 Mbps et 1 Gbps, il y a un monde ; celui du passage du réseau cuivre, et de ses déclinaisons Montée en Débit (MED), au profit d’infrastructures optiques. Une grande partie des usagers qui réside dans les zones d’initiative publique sera donc davantage des abonnés à haut débit performants plus que des Gigageeks

Les conditions contractuelles du financement public de la Montée en Débit ne donnent pas les moyens aux investisseurs publics d’en faire la première étape des futurs réseaux FttH

On nous rétorquera que les solutions de type Montée en Débit sur les sous-répartiteurs constituent une étape qui permet de déployer des solutions sur le court terme. Comment ne pas comprendre cet argument ? Ou plutôt comment ne pourrait-on pas le comprendre si les conditions minimales de maîtrise des infrastructures indispensables à l’opticalisation des sous-répartiteurs étaient réunies pour permette aux investisseurs publics, qui les financent pour une très grande partie, d’en faire le premier maillon des futurs réseaux FttH.

Est-ce le cas ? Si l’on se réfère aux clauses contractuelles MED et aux mystères qui persistent quant à l’éligibilité du gros millier de projets français de ce type aux fonds européens, sans doute pas… Et c’est là une seconde raison qui amène à douter de la capacité du plan THD français à esquisser la route vers le Gbps hors zones denses métropolitaines. Dans quelques années, les Collectivités pourraient bien avoir à financer une seconde fois des tronçons de réseaux optiques déjà payés.

Mutualiser pour tenir les objectifs Gbps mais sans les investisseurs publics ?

Pour tenir les objectifs THD, le projet de Bruxelles s’appuie sur une révision de la réglementation télécom. Grâce à un code simplifié des communications électroniques, il s’agit d’inciter les opérateurs à s’engager dans un programme dont le budget devrait dépasser les 500 milliards d’euros sur dix ans. L’Union Européenne précise que « le nouveau code réduit nettement le degré de réglementation lorsque des opérateurs concurrents co-investissent dans des réseaux à très grande capacité. » On comprend la logique de ces décisions ; la mutualisation représente bien l’un des moyens de l’efficacité. Mais alors pourquoi ne pas aussi ouvrir la porte aux mutualisations aussi entre acteurs publics et privés ?

En France en effet, les Réseaux d’Initiative Publique (RIP) ne sont pas considérés comme de véritables co-investisseurs en zones d’initiative privée. Et cette décision reste pour nous toujours un mystère. Elle fragilise les modèles économiques des Collectivités ; elle rend plus délicate le déploiement de réseaux inter-bâtiments, comme les écoles ou les mairies, maîtrisés par la puissance publique ; elle rend impossible toute solution de péréquation entre zones denses et zones rurales… Je ne suis même pas sûr que cela soit de l’intérêt d’Orange. La déréglementation de Bruxelles pourrait donc bien encore accentuer les divergences entre les rythmes de déploiement des zones hyper-denses et les fragiles modèles des autres territoires.

Faux THD, MED mal contractualisée, déficit de coopérations entre investisseurs publics et privés en zones denses, décidément, le chemin vers le Gigabit pourrait bien ne pas être un long fleuve tranquille.

27 thoughts on “La France prépare-t-elle vraiment l’ère du Gigabit ?

  1. Cela fait déjà quelques années que je raille cette exception française qui déclare le très haut débit dès 8-Mbps (voir les verbatim des nombreuses interventions publiques des responsables des projets « THD » des régions Auvergne et Bretagne). Raillerie qui me vaut d’être blacklisté chez la plupart des acteurs du Plan France THD, au passage…

    Des années que je suis (du verbe « suivre ») Chattanooga, USA, et son plan « Gigabit pour tous »…

    Des années que je dis que pendant que nous autres Gaulois, comme aime à nous appeler ce cher Jean-Mimi Billaut, nous légiférons sur la Montée en Débit et le Satellite pour offrir un maigre 20 ou 30-Mbps aux pauvres Ruraux que nous sommes, de nombreuses villes moyennes américaines équivalentes en taille à une agglomération telle que Pau (au hasard) déploient leurs propres réseaux FTTH pour y offrir le Gigabit. Hey, il y a quelques mois, Chattanooga a ouvert un service à… 10-Gbit/s au Domicile. Et nous, pendant ce temps, nous nous glorifions à coup de coupures de rubans postées sur les réseaux sociaux des ouvertures de NRA MED… Bref.

    Mais punaise – pardon pour la vulgarité – avant même de parler « Gig », parlons « Open Access ». Le Gigabit/s, c’est bien, ça doit être monstrueux de rapidité de téléchargement et d’affichage, tout ce qu’on veut, patin-couffin. Mais… Pour quoi faire, si c’est pour que notre opérateur historique et national nous vende, au travers des textes émis par le Régulateur, le TriplePlay THD, et rien d’autre ?

    Petits rappels. En passant. Juste comme ça. Histoire d’encore empêcher de tourner en rond, au point où j’en suis.
    La régulation française en matière de réseaux très haut débit, y compris et surtout d’initiative publique, dit les choses suivantes :
    – Une et une seule fibre pour connecter le Résidentiel Rural (on dit “Zone Moins Dense”, pour être poli) ;
    – Pas de services activés, uniquement de la fibre noire ;
    – Ecrasement à la sauce DSL.

    D’où cette question : Comment pourrais-je offrir des services autres que purement “télécoms” (les offres Internet + TV + Telephone des opérateurs commerciaux grand public) à ma Grand-Mère de Lozère, genre e-Santé ? Sans passer par la box de l’unique opérateur de services qui desservira sa zone – devine sa couleur, pour rire…
    Comment pourrais-je déployer des applications type “Smart Building” si le Régulateur m’oblige à passer par la box de l’opérateur de zone pour activer la seule et unique fibre de chaque logement concerné ?
    Et comment la Collectivité elle-même pourra t’elle me proposer des services “innovants”, genre Conseil Municipal en live-streaming 3D ou e-Education, sans passer par la box de l’OC ?

    Avant de passer au Gigabit, il faudra faire sauter quelques verrous. Je crains que ceux-ci ne soit fermement surveillés…

    Et pour finir, alors que mon verre de Jurançon sec est désormais vide, juste pour faire réfléchir ceux qui voudront bien, ceci : http://www.slideshare.net/mduchesn/vive-le-ftth-rural-ou-pas

  2. Oops, une erreur d’orthographe (le Jurançon peut-être, l’angoisse sans aucun doute) :
    « Avant de passer au Gigabit, il faudra faire sauter quelques verrous. Je crains que ceux-ci ne soiENt fermement surveillés… »

  3. Mes copains, je vous trouve très rigolos et très énervés : la difficulté que nous rencontrons dans notre combat pour l’économie de la connaissance est une marge bénéficiaire de 30% comme orange pour tous , pas la fibre pour tous. Gattaz parle d’un taux de marge de 30% afin d’endosser l’habit d’un économiste sérieux ; un peu trop grand pour un ado capricieux, buté et qui ne comprend pas ce dont il parle ; le taux de marge, il n’en a rien à foutre : ce sont les bénéfices des féodaux du numérique qui font saliver les avides du MEDEF.
    Lorsque la strige du Sénat parlait de la folie de 700 milliards nécessaires afin de fibrer la France, il suffisait de connaître (comme Marc) le coût de la technique pour affirmer que la fibrage de tous les sous-répartiteurs de France ( et même de Navarre) ne coûtait pas plus que 2 milliards (donc environ 200 € par abonnement au fixe) et entrait largement dans les ressources d’amortissement de FT. Le fibrage des sous-répartiteurs permet à l’aise de délivrer du haut débit symétrique à tous (presque) les les abonnés du fixe. C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité (et de la vie) qu’un technique plus puissante et moins coûteuse n’a pas remplacé naturellement la technique devenue obsolète. Faut comprendre pourquoi. Je vous propose une nouvelle mise au point de La Canourgue … il y a de la mamé de Lozère …
    Je vois très bien Jean-Pierre, tel un nouveau CERVANTÉS, décrire les combats titanesques contre les moulins à vents du numérique … tant il est vocation des géographes, comme Nicolas COPERNIC, Charles DARWIN ou PTOLÉMÉE (celui-là c’est un général géographe) de redistribuer les cartes lorsque la connerie du monde le conduit dans des voies sans issue.

  4. On va essayer d’y voir plus clair.

    Les opérateurs historiques ont un pouvoir fou. Et en France, Orange a un pouvoir politique qui est juste le plus puissant qu’il soit (élus salariés, retraités élus, etc.) donc ils peuvent plomber n’importe quel projet, imposer n’importe quelle règle.

    C’est aussi en partie le manque de fédération des opérateurs alternatifs indépendants qui empêche de délivrer des messages tout aussi puissants au sein des territoires. On va me dire : « Oui mais y a la FIRIP… » et je vais répondre : LOL.

    Ensuite, il y a bien entendu un truc en embuscade derrière les PRM : Le « G.Fast » qui promet d’offrir 1G aux utilisateurs finaux sans trop toucher au cuivre existant dans des territoires dans lesquels le FTTH couterait soi disant trop cher à déployer. Hélas, comme personne n’est prêt pour le déployer à large échelle, on déploie du PRM avec du VDSL2 qui a déjà été introduit avec une latence incroyable sur le marché français.

    Le Gigabit made-in-France se déploie donc en recréant une fracture numérique de taille intersidérale : On a des AMII qui se déploient à vitesse d’escargot, des RIP qui mixent PRM et FTTH Gigabit-ready, et quelques rares opérateurs commerciaux indépendants qui osent des initiatives en B2C ou B2B.

    Tant qu’on continuera de faire confiance à Orange, euh pardon France Télécom, on ira dans le mur.

    Et je suis inquiet car avant lorsqu’on inaugurait un RIP, les élus se félicitaient d’avoir accéléré le débit ET d’apporter la concurrence. Désormais, les mêmes élus « attendant les grands opérateurs (car les petits ne sont pas assez connus) » : Quel message terrible non ?

    Les dits grands opérateurs licencient, font bosser des call centers très lointains, brident les débits,… et laissent les territoires se débrouiller.
    Les « petits » opérateurs font l’exact inverse : Mais les élus cèdent à la pression du marketing, lui même ayant bien fonctionné sur Mme Michu.

    Résultat tiré par les cheveux ? C’est vachement mieux d’avoir une Livebouze avec ses 8 megs et sa TV HD que d’avoir un « petit » FAI avec son Gigabit que Mme Michu trouvera forcément moins bien car il n’est pas connu et donc on est pas sur que ce soit une arnaque. Triste réalité vécue et entendue.

    Orange sait allègrement profiter de cela et ça ne s’arrangera pas tant que l’écosystème n’aura pas décidé de faire monter en charge des marques alternatives.

  5. Excellente analyse, que je partage à 100%. A une nuance près : Beaucoup des « petits FAI » sont tétanisés face à l’Opérateur Historique, se refusant d’eux-mêmes des approches techniques ou des offres commerciales innovantes.
    J’ai eu récemment quelques échanges avec l’un d’eux, pas piqué des hannetons côté « J’voudrais bien mais j’peux point »…

    Et puis, surtout, commençons par remettre les pendules à l’heure : Un FAI est un FAI, un opérateur de services est un opérateur de services. Une fois que tout le monde aura compris (et admis) ça, peut-être les choses évolueront-elles dans le bon (pour nous autres) sens…

  6. Cher Pierre, je vais t’expliquer, en illustrant avec des mots que même ton Maire, ton Président de Communauté de Communes, ton Député, ton Sénateur, ton Préfet, ton Président de Chambre de Commerce & d’Industrie peuvent comprendre.

    Alors voilà, commençons par le commencement : La nouvelle fracture numérique.

    Dans la vingtaine de grandes métropoles telles que désignées par l’Autorité de Régulation ARCEP sous le vocable « Zone Très Dense” (ZTD), les logements doivent obligatoirement être desservis par DEUX fibres. Dans le reste du pays, que nous appelons « France Rurale” – d’autres disaient « La France d’En Bas” – désigné par l’ARCEP sous le terme générique « Zone Moins Dense” (ZMD), les logements sont desservis par UNE seule fibre.
    Dans les ZTD, une des deux fibres est mutualisée par l’ensemble des opérateurs commerciaux (note : je n’utilise pas le terme “FAI”) qui auront co-financés la construction de la partie terminale du réseau FTTH, la deuxième fibre étant dédiée à l’opérateur qui aura payé pour se la réserver. Ainsi, dans les Hauts de Seine par exemple, cette fibre “dédiée” a été achetée par Free.
    Dans la ZMD, la seule fibre posée et raccordée est de-facto mutualisée par l’ensemble des opérateurs de services présents sur la zone. Sauf cas très particulier où “quelqu’un” décide de mettre l’argent sur la table, pas de deuxième fibre.
    Qu’est ce qu’implique la mutualisation ? Deux choses :
    – Seuls les opérateurs commerciaux qui l’ont co-financée ont accès à cette fibre. Exemple : Si dans telle ville Bouygues Telecoms n’a pas participé, alors tu ne peux pas t’abonner à leurs services.
    – Mutualisation implique Ecrasement. Exemple : Ton immeuble vient d’être fibré, tu t’abonnes chez Orange. Orange va disposer de l’accès à la fibre mutualisée, pour pouvoir te fournir ses services ; quelques mois plus tard, tu décides de changer d’opérateur, pour passer chez SFR. SFR va “écraser” Orange, pour accéder à cette fibre mutualisée. Je reviendrais plus tard sur cet écrasement.
    Maintenant, parlons un peu de la fibre dédiée, cette deuxième fibre installée chez toi heureux habitant d’une grande métropole. Dans certaines agglomérations voire des départements entiers, la fibre dédiée a été “achetée” par Iliad-Free, qui se justifie par son architecture réseau en point-à-point : La fibre mutualisée est construite sur une architecture dite “point-multipoints” qui pénalise les performances des systèmes (pertes d’énergie, partage de la bande-passante…), alors que la fibre dédiée, étant réservée à un seul opérateur, peut être raccordée de bout en bout d’un seul tenant depuis le coeur de réseau de l’opérateur jusqu’au domicile de son client. Free tire un avantage certain de cette 2ème fibre : Performances garanties, possibilités de services innovants, etc.
    Mais ça, c’est dans les grandes agglomérations désignées par l’ARCEP. Ailleurs, y a qu’une fibre dans le salon à Mathieu (« y a qu’une dent dans la mâchoire à Jean”, que chantait Polnareff). Alors, à Tulle, Mende, ou Oloron Sainte-Marie comme partout ailleurs dans cette France Rurale qui est la notre, Free fait comme les autres : Fibre mutualisée, architecture point-multipoints (le fameux “PON”), et partage de bande-passante, pas de symétrie en ultra-haut débit (1-Gigabit/s), tout ça.

    On est donc face à une situation discriminante – un comble, lorsqu’on sait que le Régulateur impose aux collectivités déployant leur propre réseau d’initiative publique d’être neutre et non-discriminant : L’Urbain a droit à deux fibres, le Rural une seule. Pourquoi ? Les opérateurs commerciaux vont répondre : Le coût de la 2ème fibre, blahblahblah. Je reviendrai peut-être un autre jour sur ce point, qui est un de mes (nombreux) chevaux de bataille. Cette discrimination est poussée à son paroxysme avec les récents décrets publiés cet été 2016 concernant l’équipement en réseau domestique des constructions neuves : Pour les immeubles collectifs, le Législateur impose désormais la présence d’un réseau domestique fibre optique (et cuivre), avec 2 prises optiques dans le salon et au minimum 1 prise par pièce ; pour l’habitat individuel, le Législateur impose juste… un réseau Cuivre. Tu souhaites faire construire un beau pavillon moderne, écolo, domotisé, la totale ? Contentes-toi d’un LAN Cat6. Raccordé à l’Internet par une seule fibre, via la box de ton opérateur de services TriplePlay qui est aussi ton FAI. Et débrouilles toi avec ça.

  7. Sur le plan purement technique, le cahier des charges FTTH de la Mission Très Haut Débit est une aberration extra-ordinaire pour les pionniers des Communications Optiques comme Bibi. Pour la première fois de la (courte) histoire des réseaux de télécommunications à fibre optique, tu es limité en distance maximale entre deux terminaux Emetteur/Récepteur.
    A cause de la topologie PON imposée par les opérateurs commerciaux, l’Historique en tête, et la ré-utilisation fortement conseillée (euphémisme) des infrastructures France Telecom existantes : NRA, SR, Génie-Civil, on se retrouve avec des longueurs max entre NRO et PTO de 20-25 kilomètres, alors qu’on sait faire 80 kilomètres sans régénération depuis la fin des années 90 !
    D’où les problèmes de design du réseau FTTH dans certaines zones fortement « rurales », conduisant parfois à ne pas pouvoir desservir tel ou tel village en fibre sauf à multiplier les NRO, d’où surcoûts, d’où « on verra ça plus tard », etc.

  8. Si ! Un RIP doit être neutre & non-discriminant. D’où le design qui doit permettre les 2 architectures : P2P pour les besoins type B2B (Entreprises) et PON pour le B2C (TriplePlay Grand-Public). D’où les limitations en distance max. entre NRO et PTO, les PM qui doivent intégrer les 2 technos, etc…

    Comme quoi, sans vouloir en aucune manière remuer le couteau dans la plaie, Pau Broadband était vraiment LA Mère de TOUS les réseaux FTTH du Monde. ActiveEthernet, la meilleure solution qui soit.

  9. Merci, Marc, d’avoir dépiauter les logiques perverses des techniques fibres … pas de réseau sans péage (plantureux) … non dit : par de réseau sans FAI … nous avons déjà connu en France un tel adage : pas de terre sans seigneur. Allons que nous avons les moyens d’une économie de la connaissance, les seigneurs du net nous imposent une nouvelle économie féodale, nos politiques vont où est le pognon … plus efficace de corrompre toute la classe politique que quelques voyous.
    Les techniques droites, simples et peu coûteuses (par opposition à tordues, complexes et à péage) coulaient de source en 1990. L’objectif politique était encore plus simple : maintenir l’avance de la France en matière de réseau de télécommunications.
    Nous sommes tous un peu Don Quichotte, un peu Sancho Pança ; le génie de Cervantés fut d’afficher le dérisoire de la chevalerie au moment où il devenait évident que la seigneurie était, d’abord, un truc pour tondre les citoyens. Nous sommes dans un moment où les géants du net parviennent à capter une part inimaginable de la valeur créée par l’ensemble de l’humanité en saturant la fibre (dernière mesure sur mon abonnement numéricable : 3 méga montants, 97 méga descendants). Il existe quantité de techniques qui permettent de conserver la valeur créée aux acteurs de rez-de-chaussée ; manque la volonté politique, la vision même.

  10. Merci Marc , j’ai tout compris (enfin je pense) : non seulement certains ruraux n’auront pas droit à la fibre ( https://websdugevaudan.wordpress.com/2016/09/16/reseau-filaire-attention-danger/ ) mais ceux qui l’auront n’auront pas celle qui leur permettrait d’accéder aux nouveaux services vitaux de demain dont ils auraient besoin ! la DISCRIMINATION à deux étages !! un pur scandale !
    Mais si dans ce domaine comme dans d’autres, encore plus importants, il peut y a une certaine convergence sur le diagnostic quelle est l' »ordonnance » ?
    Comment « éduquer » les citoyens et présenter un projet aux candidats aux élections ????

  11. J’aimerais me tromper, cependant étant donné que jamais personne ne m’a contredit sur aucun des points que je soulève depuis toutes ces années – sauf à me répondre que « on peut accéder aux services de e-Santé via la box de l’opérateur » ou que « mieux vaut Orange que rien du tout » – je pense que ces sujets dérangent l’establishment.

    Il y a deux jours, quelqu’un me demandait pourquoi il n’y a pas d’enquête d’utilité publique sur les projets d’aménagement numérique du territoire du Plan France THD comme cela est fait pour la moindre déviation routière ou la ré-ouverture d’une ligne ferroviaire… Belle question, que je ne m’étais encore jamais posée, et qui rejoint les questions que nous soulevons ici. Bref.

    Concernant l’éducation des citoyens, je parlerais plutôt d’information avisée. Et pas seulement pour les Citoyens mais aussi pour les Elus. Je « travaille » (sans rétribution à ce jour) sur quelques pistes, que je n’élaborerais pas ici. Ah !

  12. « pourquoi il n’y a pas d’enquête d’utilité publique sur les projets d’aménagement numérique du territoire du Plan France THD comme cela est fait pour la moindre déviation routière ou la ré-ouverture d’une ligne ferroviaire… » ? Sympa cette question … que j’aimerais bien poser, en toute utopie, à nos parlementaires pour peu que quelqu’un de compétent (;-))me prépare une lettre bien argumentée. J’ai un avantage sur vous : en tant que (vieux) retraité je risque juste de me faire traiter de naif , candide ou autres Don Quichotte ….mais ça j’assume …à partir du moment où ce qui serait écrit serait « évident » et compréhensible par… ma femme de chambre ( je n’ai pas de femme de chambre!)

  13. C’est comme moi : Je n’ai pas de Grand-Mère de Lozère, mais cela ne m’empêche pas d’en parler à chaque fois que je cause « aménagement numérique » 😉

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