Politiques numériques et solutions de proximités dédiées habitat social. L’exemple de SIPEA Habitat.

G. GORGETTESIPEA Habitat est une SEM intervenant dans l’agglomération de Poitiers qui gère un parc locatif de près de 3600 logements. L’une des spécificités de cette entreprise publique locale tient notamment à sa façon de penser l’habitat social. Elle constitue en effet l’une des rares SEM, spécialisée dans l’habitat social, qui privilégie une vision globale du parcours résidentiel du locataire. C’est cette spécificité qui amène SIPEA Habitat à enrichir ses outils de dialogue avec ses résidents via des dispositifs numériques. Son directeur, Gérard Gorgette a accepté de présenter à Numericuss ce qui fonde ce chantier émergent.

Gérard Gorgette, pouvez-vous tout d’abord nous expliquer pourquoi un acteur de l’habitat social comme SIPEA Habitat, non spécialiste des solutions en ligne, s’intéresse au « numérique » ?

Pour cela, je dois avant tout expliciter le sens de notre action au quotidien. Pour chaque projet, notre leitmotiv est toujours le suivant : nos locataires doivent se sentir bien dans leur logement et pouvoir y rester longtemps. Cette double préoccupation induit pour nous plusieurs points de vigilance.

Tout d’abord, pour se sentir bien dans un logement, il faut que la construction ou la réhabilitation soit évidemment de qualité. Mais pour SIPEA Habitat, ce seul critère ne suffit pas. Nous avons en effet observé à quel point le ressenti de nos résidents sur ce sujet dépendait en fait largement de la qualité de leur intégration dans la ville ou dans le quartier, du bien vivre ensemble en d’autres termes. C’est un point capital auquel nous attachons donc de plus en plus d’importance. C’est d’ailleurs, j’y reviendrai, ce qui fonde en partie nos réflexions actuelles sur les solutions numériques.

Le second point de vigilance a trait ensuite aux critères qui concourent à faire en sorte que nos résidents restent longtemps dans nos logements. Cela suppose notamment qu’ils puissent payer leur quittance de loyer. Pour les aider, nous attachons donc une forte attention à tout ce qui concourt à réduire les risques de précarité énergétique. Là aussi, d’un point de vue solutions numériques, il y a incontestablement un levier à utiliser davantage.

Ces deux facteurs montrent donc bien à quel point le succès de nos projets immobiliers ne dépend pas que de la qualité de nos bâtiments ou de nos programmes. Ils résultent aussi de logiques à la fois plus politiques, la place de nos résidents dans la cité, et plus techniques. C’est notamment ce type d’observations qui nous encouragent à exploiter les ressources numériques dans une boite à outils plus large.

Pouvez-vous nous dire en quoi le succès de vos projets immobiliers dépend pour partie de la qualité de vos relations avec vos locataires et vos partenaires ?

Nos projets de réhabilitation sont techniquement très ambitieux. Pour tenir le modèle économique de notre société, cela implique donc d’obtenir l’accord des locataires pour procéder à des augmentations de loyer souvent proches de 25%. Nous sommes le seul bailleur en région à oser le faire ! Malgré un impact financier minimisé par une baisse significative des charges énergétiques, lorsqu’il s’agit de faire voter cet accord officiel, il est donc primordial de garantir une qualité de dialogue hors normes. Or, nombre de nos résidents sont des militants actifs en faveur du « pouvoir d’agir des habitants ». Cela nous a donc amené à repenser, non seulement des projets techniques, mais surtout notre mode de relation et de concertation. La qualité du dialogue avec les parties prenantes s’impose ainsi comme un point capital de nos méthodes. C’est d’ailleurs devenu un des facteurs fondamentaux de nos programmes orientés « Responsabilité Sociétale des Entreprises », dont notre labellisation AFAQ26000 rend compte.

Que signifie pour vous « proximité augmentée » et comment voyez vous cette convergence naissante entre stratégies immobilières et politiques numériques ?

Vous l’avez compris, la qualité du dialogue entre toutes les parties prenantes d’un programme s’impose comme la pierre angulaire de nos projets et de notre engagement. Simplifications des solutions de relations entre SIPEA Habitat et résidents, dispositifs de monitoring énergétique, ou encore, par exemple, levier de meilleure intégration dans la cité, pour nous, les solutions de « proximité augmentée » peuvent ainsi prendre de multiples formes. J’ai d’ailleurs l’impression que nous n’en sommes qu’à l’aube de ces outils.

L’objectif prioritaire consiste toutefois à exploiter les solutions « en ligne » pour améliorer la qualité du dialogue entre SIPEA habitat, locataires et territoires proches. C’est d’abord cet objectif qui nous motive pour tester des outils de proximités augmentés pertinents.

Quelle est la place actuelle et souhaitée à court terme des solutions numériques ? Plus largement, pensez-vous que les acteurs de l’habitat social devraient, et si oui de quelles manières, exploiter avantage les opportunités numériques ?

Après avoir constaté, il y a quelques années, une véritable fracture numérique entre les habitants de nos quartiers et le reste de la population, nous venons de mesurer que le taux d’équipement Web des locataires est passé d’environ 10/15% à plus de 70% en 4 à 5 ans. Et nous sommes convaincus que, bien utilisés, les outils numériques peuvent être de nouveaux vecteurs d’échange, de partage et donc de bien vivre ensemble.

 

 

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