Et si les pouvoirs publics s’unissaient autour d’un grand programme commun de services publics très haut débit ?

Dans la dernière partie de l’ouvrage « Territoires et Numérique » qui sort le 15 août 2012, je me risque à quelques idées et propositions pour relancer à la fois l’aménagement de tous les territoires et le lancement d’un vrai programme très haut débit. J’aurai l’occasion de présenter ces suggestions dans plusieurs rencontres auxquelles je suis invité. La Rochelle le 23 août,  TEDx Loire le 8 septembre, 3ème forum des territoires Très Haut Débit de Toulon des 19 et 20 septembre, Salon Odebit de Paris du 27 septembre, autant d’occasions d’échanges et de discussions indispensables.

Médaillés d’or d’une course de lenteur. Quand passe-t-on la quatrième ?

Le constat général qui fonde ces suggestions tient en une formule. Nos champions nationaux du très haut débit sont bien médaillés d’or de la vitesse … mais médaillés d’une course de lenteur, de poker menteur ou d’annonces impossibles à tenir… Chacun choisira sa formule mais les limites des dispositifs de soutien actuel au programme très haut débit et l’atonie du marché intérieur du FttH sont désormais avérées. Sans forcement tout déconstruire et tout casser, de profondes évolutions sont nécessaires en matière de politiques d’aménagement numérique.

Aujourd’hui, le monde du très haut débit ne pense par exemple qu’en double priorité ; priorité aux zones hyperdenses et priorité aux déploiements des infrastructures. J’ai ainsi largement l’occasion dans le livre « Territoires et Numériques » de démonter la boîte à vitesse poussive du programme national très haut débit ; une boite à vitesses limitée à un premier rapport empêtré dans les rues encombrées du DSL métropolitain et insuffisamment relayé par un second, lié aux infrastructures, indispensable mais incapable de faire vraiment accélérer le véhicule.

Pour se relancer, nous disposons cependant de cartes fortes. Des grands opérateurs de dimension mondiale, des industriels importants, des entreprises innovantes, des Collectivités Territoriales largement engagées dans l’aménagement numérique à travers plus d’une centaine de réseaux d’initiative publique, des pôles de compétitivités et des centres de recherche ou de formation dédiés, ou encore une communauté d’observateurs et de conseils particulièrement active. Il manque toutefois encore le déclic, le signal ou le pilote qui donnera enfin le rythme indispensable à la réussite d’un projet qui exigera du temps.

Les pouvoirs publics, et en particulier les Collectivités Territoriales, sont-elles en mesure de fournir l’énergie qui fait toujours défaut à ce grand investissement d’avenir ? C’est la question qui a guidé nos travaux résumé dans l’essai à paraître. Au final de cette étude, la réponse demeure résolument positive. Mais cette conclusion reste toutefois plus que jamais conditionnée à de profondes évolutions dans les stratégies et dans les méthodes au cœur de l’action publique.

Agir local mais mutualiser et s’organiser nationalement

Le succès du programme très haut débit illustre ainsi le cas de ces projets, finalement nombreux, pour lesquels il faut désormais parvenir à concilier les logiques de l’action locale et les dynamiques de travail coopératif en réseau. Initiatives territoriales publiques et coopérations industrielles, solutions de proximité et interopérabilité de ces solutions, investissements dans des dispositifs de proximité et mutualisation nationale pour leur développement, cette capacité à agir à la fois « local et global » s’impose ainsi de plus en plus comme l’un des sésames de l’efficacité. Et l’aménagement numérique n’échappe pas à la règle; bien au contraire.

Pour réussir à agir efficacement sur les politiques de tous les acteurs publics et privés concernés, il  s’avère donc nécessaire que les  pouvoirs publics, d’une part, se dotent des organisations collectives qui leur font encore défaut et, d’autre part, élargissent leurs périmètres d’interventions. C’est d’ailleurs la porte ouverte par les signataires de l’appel de Valence. Sur la base de vrais accords entre Etat, Collectivités Territoriales et entreprises, nous pensons que cela est possible. La preuve, d’autres pays prennent cette voie. Le dernier exemple en date semble être la Grande-Bretagne. C’est tout au moins ce qu’indique cet article que je ne saurai trop vous conseiller de parcourir.

Level 3 devient fournisseur pour les pouvoirs publics du Royaume-Uni dans le cadre du réseau PSN pour cinq catégories de services

La société Level 3 a été en effet sélectionnée par le Gouvernement britannique pour offrir une vaste gamme de services innovants et réduire les coûts pour les pouvoirs publics et le secteur public dans le cadre du Public Services Network (PSN). Les catégories de services pour lesquelles Level 3 a été retenu sont les suivantes : Services de communications, Services de conférence ; Services de centre de contact ; Services de passerelle et services unifiés.

« Le réseau PSN ne permettra pas seulement au secteur public d’économiser une grande quantité d’argent : il conférera également des avantages réels aux organismes publics en procurant un accès à de nouveaux services et une méthode de travail plus collaborative », explique David Shields, directeur général des services destinés aux marchés publics. « Ce cadre a été conçu pour offrir des services innovants aux organismes publics tout en leur permettant de réaliser des économies importantes et de tirer des avantages au niveau opérationnel, et nous sommes heureux de les y aider grâce à nos services réseau évolués ». Le projet vise à instaurer un réseau unifié pour les pouvoirs publics et le secteur public dans l’ensemble du Royaume-Uni ain de permettre de réaliser des économies de plus de 130 millions de livres par an en éliminant les connections faisant double emploi, en simplifiant les processus d’approvisionnement, en encourageant le recours aux services partagés et en fournissant une plate-forme de collaboration.

Services publics augmentés, économie d’argent public, signal fort en matière d’aménagement des territoires, les libéraux britanniques montreraient-ils une autre voie en matière de grands projets d’infrastructures et de services ?

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