Déploiement optique en domaine privé : l’ARC prépare une convention alternative à celle proposée par l’ARCEP

Alain MOUSSARIE est Conseiller T.I.C. de l’Association des Responsables de Copropriété. il suit à ce titre les questions liées au déploiement des réseaux fibre optique en domaine privé. Suite au communiqué de presse de l’ARC du 6 juin 2011, et au post de Numericuss, il a bien voulu approfondir quelques points supplémentaires.

L’ARCEP a donc publié récemment sa dernière version de convention type « d’installation, de gestion, d’entretien et de remplacement de lignes de communications électroniques à très haut débit en fibre optique ». L’ARC a exprimé ses plus grandes réserves à ce sujet et parle même de régression. Pouvez-vous nous dire en quoi cette convention type pose problèmes ? Lire la suite de « Déploiement optique en domaine privé : l’ARC prépare une convention alternative à celle proposée par l’ARCEP »

Heurs et malheurs des déploiements fibre optique en domaine privé…

Non respect des délais fixés dans les conventions, fausses décisions d’assemblée générale, conventions de 25 ans tacitement renouvelables, non engagement sur les plannings d’ouverture effectif des services THD …  la lecture des textes de l’Association des Responsables de Copropriétés est édifiante.  Elle confirme l’ampleur des dysfonctionnements actuels.  Des dysfonctionnements qui risquent, encore, de ralentir les déploiements optiques en zones métropolitaines. Lire la suite de « Heurs et malheurs des déploiements fibre optique en domaine privé… »

10 millions d’abonnés fibre… et moi, et moi, émoi…

Orange se lancerait-il enfin dans la fibre optique ? C’est ce que l’opérateur a en tout cas annoncé ce jour au Ministre en charge, M Besson, lors de sa visite d’un NRO de l’opérateur. Après les annonces, encore peu suivies d’effet, de FREE dans ce domaine, ces nouvelles promesses augurent-elles enfin du démarrage de l’optique en France ? On le souhaite. Mais au mieux pour 60% des français…Que fera donc l’Etat pour tenir les promesses du Président qui a annoncé vouloir équiper 100 % des foyers français d’ici à 2025 ? Encore un peu de patience que diable… Il faut d’abord engager les 2 milliards du grand emprunt, très majoritairement en zones denses et supposées rentables, discuter ensuite des solutions pour abonder le FANT, voter, mettre en œuvre… A ce rythme, si les zones « rentables » seront déjà pourvues, un principe de péréquation sera-t-il encore possible ? 40% des Français devraient se poser la question et la poser aux élus de la Nation.

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Fibre optique : le marché seul ne fait pas le boulot !

Je vous signale un article intéressant des Echos de ce jour 10 janvier 2011, signé de Solveig Godeluck, titré « Les opérateurs déploient péniblement le très haut débit dans l’Hexagone« . Solveig, qui connait bien ces questions, y fait état des tensions grandissantes entre syndics et opérateurs Fttx en ville. Quelques citations :

Le très haut débit se fait désirer. Au point que dans les grandes villes, certains copropriétaires s’agacent de ne rien voir venir. L’Association des responsables de copropriété (ARC) a ainsi reproché à Free de motiver « près de 90 % des réclamations de nos adhérents contre les opérateurs de fibre optique » avec lesquels des contrats ont été passés. En cause, de « très nombreux dépassements du délai » pour installer la fibre dans les habitations ou des problèmes de raccordement au réseau… Pour Alain Moussarie, conseil en charge des technologies à l’ARC, « Free a fait beaucoup de promesses qu’il ne peut pas tenir. Il ne met pas les moyens à la mesure de l’ambition affichée ». Chez France Télécom, on relativise, sans les nier, les problèmes rencontrés avec Free en espérant qu’ils ne seront que temporaires.

Pour l’instant, le gendarme des télécoms, l’Arcep, ne veut pas sanctionner les opérateurs qui traînent des pieds. « Il y a eu des annonces maladroites et beaucoup d’opérateurs n’ont pas calculé qu’il s’agissait d’un métier nouveau », explique une source proche de l’Arcep.
Ensuite, la mutualisation de la fibre est un sujet épineux. Ainsi, seuls 130.000 logements connectés peuvent choisir leur fournisseur d’accès entre plusieurs opérateurs. Il s’agit des logements dans laquelle la fibre a été installée après que l’Arcep a choisi le cadre réglementaire pour assurer la concurrence dans les zones denses, soit en début d’année dernière. Là, chacun a déployé le plus vite possible avant 2010, sans penser à son concurrent.

Dans le jeu de poker menteur auquel on assiste depuis plusieurs années dans ces domaines, le papier de Solveig confirme la lenteur d’un marché non ou mal régulé. Promesses non tenues, mutualisations épineuses, déploiements lents… On pourrait rajouter travaux souvent mal faits, notamment en domaine privé, innovations services au point mort, refus d’exploiter des réseaux fibre déjà pourtant déployés notamment par les collectivités territoriales, pans entiers du territoire oubliés régulation aux abonnés encore absents…

Vous avez « le 22 à Asnières « ? Peut-être mais dans la concurrence… Au moins dogmatiquement on est droit dans nos bottes. Immobiles certes mais droits. Est-ce l’essentiel ? Je ne le crois pas. J’avoue ainsi parfois ne pas tout comprendre…Pourquoi ce qui a été fait pour l’électricité n’est pas possible pour les réseaux numériques ? Comment sortir de cette immobilisme idéologique du « tout concurrence » dont pourtant les faits démontrent les impasses ? A quoi servent les expérimentations THD récemment annoncées par le Gouvernement pour résoudre ces questions. Les mauvaises langues diront « il en est des expérimentations comme des commissions »… il s’agit de donner l’illusion de l’action pour surtout ne rien faire.  Ce sont sans conteste de mauvaises langues non ?

A quand, enfin, un opérateur très haut débit non uniquement triple play en France ?

La Communauté d’agglomération Laval Agglomération (Mayenne) vient d’attribuer une  Délégation de Service Public (DSP) pour le déploiement d’un réseau très haut débit (20 communes et 100 000 habitants).  Il s’agit d’une classique concession obtenue par l’opérateur historique  pour 25 ans. Ce dernier, ès qualité opérateur neutre, s’engage à couvrir en fibre optique d’ici 7 ans la totalité des foyers et des entreprises en zones denses. Pour les zones peu denses, « une solution intermédiaire haut débit » via satellite sera proposée avec un débit de 2 Mbit/s pour tous. L’économie générale des offres de l’opérateur neutre local contrôlé par FT reste inconnue pour nous à ce jour ; la liste des opérateurs clients de FT également.

La question-clé est toutefois sans doute à chercher par-delà les catalogues de services du concessionnaire France Telecom. Pour le dire plus directement, cette information m’aurait laissé presque indifférent si ce n’était pas Laval. Mais c’est Laval ! Et Laval est connue pour son dynamisme dans les domaines de la 3D et de la réalité virtuelle. Depuis de longues années, Laval tente, prend le risque d’un positionnement innovant, investit, ne change pas d’avis… La boucle THD de la Communauté d’agglomération pourrait donc enfin donner à notre pays la possibilité de tester un autre modèle économique que celui du trop triste triple play. Enfin ?

Six ans après le lancement de la première grande boucle Ftth de France à Pau, après les retards du projet du département Hauts-de-Seine, les difficultés souvent récurrentes de bien des RIP (Réseaux d’Initiative Publique) à mobiliser des opérateurs THD, la France reste orpheline d’idées et d’expérimentations dans ce domaine. Faute sans doute d’un volume de prises Ftth encore suffisant, les faits prouvent que le marché paraît seul peu en situation d’inventer. Il me revient en mémoire, les tentatives que nous avions menées à plusieurs reprises à ce sujet sur Pau Broadband Country, en coopération avec des amis comme Gérard Fauveau (DSI Pau), JM Billaut ou Pierre-Eric Saint André (Etde-Axione), et sous l’impulsion d’André Labarrère. Rendez-vous du très Haut débit, Citem 2003, mercredi du THD organisés chaque mois pendant quasiment 2 ans, avec à chaque fois, entre 10 et 20 entrepreneurs nationaux ou internationaux présents sur Pau… Force est de constater que nous attendons encore le début d’une vraie innovation dédiée THD et qui lance durablement les services symétriques 100 Mbps et plus.

Sans aucun doute, cette ou ces solution(s) existe(nt). Attendent-elles dans les armoires électroniques des laboratoires de grands opérateurs ou d’inventeurs géniaux la fin de l’exploitation de la mine du cuivre française ?  Patientent-elles scrutant, moral en berne, la courbe des abonnés Très haut débit de notre pays ? Émergeront-elles, comme c’est souvent le cas, au détour d’une valley transatlantique ou, demain matin, asiatique?  Face aux Pyrénées, comme d’autres devant la ligne bleue des Vosges, je trouve ce temps-là un peu long.

A quand, enfin, un opérateur Très haut débit non uniquement triple play en France ?

En termes de développement numérique territorial,  nous sommes en effet nombreux à penser que les offres du triple ou du quadruple play n’apportent finalement qu’assez peu de valeur ajoutée « territoriale », ou tout au moins pas assez. Les solutions fibre optique permettraient d’inventer tant d’autres choses, tant d’autres services et de technologies. Des solutions sans doute qui seraient ensuite « exportables », comme la France l’a fait pour l’eau, l’électricité, l’environnement. Quelques-uns des champions mondiaux de l’économie du Très Haut débit de demain peuvent émerger en France. J’en suis convaincu. Je veux l’être. Je crois donc à l’importance du rôle des RIP dans ce domaine, à leurs potentialités et à leurs richesses. Au moment où l’on cherche à la fois un nouveau dynamisme industriel, à consolider les outils de développement durable et à redonner la place indispensable à cette économie du care et de la solidarité sans lequel ce monde tourne un peu de carré, je voudrai voir un peu de lumière passer dans les fibres qui se déploient ici et là sous l’impulsion courageuse de collectivités territoriales.

Utopie ? Sans doute mais, tout d’abord, il en faut, et ensuite, il y a Laval, et dans cette agglomération le centre dédié à l’informatique en temps réel et à la réalité virtuelle a été baptisé  “clarté”… Alors boucle locale THD et Clarté est-ce vraiment la bonne équation (c’est la promesse de Laval Mayenne Technopôle) ?

La fibre depuis l’abonné… Le dernier (mètre) sera le premier

Marc DUCHESNE travaille sur les questions des réseaux fibre optique depuis 1983, d’abord à la SNCF . Il anime actuellement, pour sequalum, l’un des plus grands projets français en matière de Très Haut Débit, celui du département Haut-de-Seine. En plus de ses fonctions, Marc exerce également ses talents aux bénéfices des zones rurales, notamment en Seine-et-Marne où il est déjà coupable de quelques belles opérations.

Marc est l’un de ceux qui imaginent que les réseaux fibre optique pourraient se construire en zones rurales non pas vers mais aussi depuis les abonné(e)s. Il parle ainsi non pas du trop fameux dernier mètre mais d’un éventuel PREMIER mètre selon une logique fondée sur les services et la moins mauvaise implication de l’usager. Marc présente cette idée et évoque son origine ; une origine née notamment du relatif désintérêt des grands opérateurs pour les solutions fibre optique à l’abonné . Il explique d’ailleurs que de telles logiques, si elles restent à l’état d’avant projet encore sommaire en France, ont été testées hors de notre pays, notamment par fibrestream en Grande-Bretagne. De l’idée au projet, le chemin sera certes long ; la proposition mérite toutefois d’être sérieusement considérée.

Olivier ZABLOCKI. La France a tout pour réussir l’aménagement numérique du territoire… mais …

Depuis l’expérience de Radio Phare, sur l’île de Ré dans les années 1990, Olivier suit, expérimente et travaille le développement numérique. Il fait partie de ceux qui pensent que l’on oublie pourtant trop d’associer les « gens de base ». Ce serait pourtant là le gage de déploiement plus simple, plus efficace et d’une véritable neutralité, aussi,  en domaine privé. « A quand donc des délégations de Services Telecom en domaine privé ? » demande-t-il ? Une bonne question sans aucun doute.

Olivier nous donne aussi son sentiment sur la situation actuelle dans le domaine de l’aménagement numérique du pays. Il évoque les questions de péréquation financière ou de solidarité numérique. Il nous parle aussi du rôle de l’État français.