FTTH en zone rurale : un bilan du projet pilote d’ Aumont-Aubrac

Altitude Infrastructure vient de publier un communiqué de presse au sujet du projet pilote Ftth d’Aumont-Aubrac en Lozère inauguré en juin 2011. Pour Altitude, le bilan est positif.Techniques maîtrisées, coût de déploiement en baisse, calendrier tenu… Tout a fonctionné. Seul peut-être le nombre d’abonnés effectifs n’est pas encore à la mesure des attentes.

Les principaux enseignements du projet pilote d’Aumont Aubrac

Première conclusion tirée par Altitude : les coûts de déploiements en zone rurale peuvent être réduits.
 Une analyse fine des coûts de déploiement par technique utilisée a été suivie au fur et à mesure du projet. La combinaison et la diversification des techniques de pose permettent de maîtriser les coûts de déploiement de la fibre en zone rurale, qui peuvent ainsi ne pas excéder 1500€ par prise.

Second point : les délais de déploiement peuvent être maîtrisés.
 Près de 500 prises ont été raccordées en cinq mois, délai qui peut être encore optimisé. 
Les territoires ruraux pourraient ainsi prétendre à un déploiement simultané avec celui des zones urbaines.

Troisième conclusion : les habitants d’Aumont ont largement voulu que leur foyer soit raccordé. « Si 100% des prises sont raccordables sur la commune, déjà 74% d’entre elles sont raccordées. Avec un taux de pénétration de 15%, supérieur au taux de conversion vers la fibre optique constaté dans les grandes villes à l’échelle nationale, l’expérience montre l’appétence des habitants de communes rurales pour la fibre optique. » A ce niveau, une rapide traduction semble nécessaire.

  • Le réseau Aumont Aubrac est en mesure de raccorder 100% des lignes du village. L’ensemble de la population a donc accès potentiellement à la fibre optique.
  • Sur ces 100%, 74% des lignes ont fait l’objet de travaux consistant à déployer une prise optique à domicile sans que toutefois les ménages aient décidé de souscrire un abonnement.
  • Parmi ces 74% de lignes raccordées, 15% des foyers ont effectivement souscrit un abonnement auprès d’un FAI.

Sur la base de ces chiffres, le bilan de l’opération demande ne demande-t-il pas à être modulé ? Si en matière de technique de déploiement, le bilan est en effet assez largement positif, les retours marché semblent encore à confirmer.

Des techniques déploiement réseau maîtrisées

En matière d’infrastructures et de déploiement, Aumont confirme plusieurs éléments déjà signalés. Premier point,  le déploiement de réseau optique en zone peu dense ne pose pas de difficultés particulières. C’est une confirmation utile. Les budgets déploiement baissent et sans nul doute, ils pourront et peuvent diminuer encore très sensiblement. C’est une seconde confirmation importante. En matière de modèle technico-juridique, Altitude conclut également à travers Aumont à l’utilité, aussi, d’offres de lignes actives pour stimuler la concurrence et les opérateurs de dimension locale. Selon Altitude, « l’attractivité du réseau tient à l’équilibre économique proposé par l’opérateur d’infrastructure aux opérateurs commerciaux. Si l’arrivée d’un opérateur national représente un véritable enjeu dans un déploiement en zone rurale, Altitude Infrastructure considère qu’il faut favoriser l’attractivité des services activés afin de stimuler la venue de fournisseurs d’accès plus modestes. Et ce, afin de proposer une offre plurielle et compétitive aux usagers finaux. » Techniquement, les réseaux Fttx en zones peu denses sont donc bien prêts à être déployés.

Mais des offres services à faire évoluer ?

Les résultats en matière d’abonnements effectifs paraissent en revanche encore relativement modestes. 15% de parts de marché entre juin et novembre, c’est bien entendu un résultat déjà largement supérieurs aux parts de marchés nationales de la fibre optique en zone métropolitaine, qui plafonnent à 10% environ. Ce n’est pas toutefois encore le signe d’une migration massive de l’ADSL (dont je ne connais pas la part de marché à Aumont) vers l’optique. Cela confirme-t-il qu’il manque bien une offre de services dédiés fibre optique et à la mesure de ces réseaux ? Je le crois.

Nous joignons également copie du communiqué lui-même. Merci à Altitude pour ce document.cp altitude-AumontAubrac

9 commentaires sur « FTTH en zone rurale : un bilan du projet pilote d’ Aumont-Aubrac »

  1. « Première conclusion tirée par Altitude : les coûts de déploiements en zone rurale peuvent être réduits.
 »

    Et encore, Altitude reste une société de taille moyenne mais très procédurière. Un groupe encore plus gros pourrait peut-être encore tirer les prix vers le bas en particulier sur le matériel et les contrats de sous-traitance via les économie d’échelle, ce qui est toutefois à contre-balancer avec une plus grande inefficacité et une plus grande lenteur administrative, comme c’est le cas à Chevry-Cossigny.

    De l’autre coté du spectre, on pourrais avoir des sociétés bien plus petites, type artisanat, qui s’occuperait de la pose dans les villages avec le soutien de la mairie, comme par exemple à Lyddington, UK: http://www.bakchich.info/Un-village-anglais-repare-la,10534.html ). Là, point d’économie d’échelle (à moins de créer une coopérative régionale d’achat de matériel), mais un coût de déploiement et de maintenance encore plus faible, sans doute au détriment de la fiabilité du réseau dans les premières années.

    Les freins actuels de ces derniers projets sont:
    – Le je-m’en-foutisme et la frilosité des élus sur le sujet;
    – Le fait que les SDTAN ne considèrent toujours pas les projets à l’échelle sub-départementale,
    – Le fait que la collecte en région sont inexistante, bien que Altitude ai déployé avec succès des faisceaux hertziens.
    – Le fait qu’il est encore et toujours strictement *interdit* de créer en France un réseau maillé (donc qu’il faut « remonter » les flux de chaque abonnés très en amont dans le réseau avant de pouvoir router les paquets)
    – Le fait que, malgré ses obligation, FT/Orange n’a TOUJOURS pas proposé d’offre d’utilisation de ses poteaux, alors que sur la très grande majorité du territoire national ce sont ces poteaux qui fournissent la paire de cuivre,
    – Le fait que la complexité juridique de la propriété des infrastructures (répartition ERDF/Syndicats locaux) entrave fortement un déploiement aérien sur poteaux électrique, malgré là aussi une excellente desserte locale, et ce malgré des expériences réussies , comme dans l’Ain avec le SIEA.
    – Le fait que la plupart des société qui disposeraient des équipements de proximité alternatifs à ceux de France Télécom (LDCom pour les voies ferrées, @rteria pour les lignes électriques, les sociétés d’autoroutes, VNF pour les fleuves,….) ne veulent pas traiter avec les particuliers, et n’ont pas d’obligation légale de proposer un tarif (ni même une offre) régulée sur leurs infrastructures existante, une obligation qui est pourtant imposée à France Télécom.

    Et pourtant, tous ces problèmes « techniques » ne sont rien comparé à ce que j’ai constaté à partir de l’expérience de Chevry-Cossigny (sur la page facebook dédiée (https://www.facebook.com/groups/ftthchevry/ ) : Les abonnés potentiels ne marchent pas dans cette aventure:

    – Il y a 3 opérateurs (Wibox,Orange et Comcable) mais beaucoup de gens se plaignent de n’avoir pas .
    – Orange concentre 70% des demandes d’abonnement, et 70% des plaintes.
    – Ce dernier point n’est pas contradictoire, puisque c’est Orange qui offre le plus de chaînes TV.

    => Pour moi ce qui ressort de là, c’est que les gens ne voient pas la fibre comme un média d’accès à Internet, ou même de service.
    Ils voient la fibre comme un média d’accès à la *TV* d’abord et avant tout: Ils n’ont pas le réflexe d’aller chercher le flux en IP directement sur le site des chaînes par exemple, non: Pour la plupart, le but est *surtout* que rien ne change, et de continuer à avoir le foot et 136 chaînes de TV….

    A la limite, je me demande si, si Orange coupais l’accès IP, certains s’en apercevraient !! (D’ailleurs c’est déjà peu à peu ce qui se produit sur le mobile sans que personne ne gueule).

    Je pense que là est la limite de l’expérience: On peux faire toute les infra qu’on veux, si ce que veulent les usagers c’est une TV améliorée et rien d’autre…. A quoi ça sert de se fatiguer à trouver des solutions locales ? De toute façon un FAI local n’a pas possibilité de diffuser de la TV, les sociétés d’ayant-droits ayant un modèle économique basé sur la vente des flux en exclusivité pour augmenter leurs revenus.

    Autrement dis, on ne peux pas faire boire un âne qui n’a pas soif.

    Ou alors il faudrait un changement radical de pensé, où les services seraient dissociés: On pourrait alors prendre l’abonnement TV chez Orange, le téléphone chez Wibox et lnternet chez Comcable….
    Mais bon, on en est très très loin, non seulement en terme technique (adieu l’équivalence « une ligne une box ») mais aussi en terme politique, puisque les FAI reposent justement sur la captivité des clients pour financer les bouquets de services à prix fixe, et qu’on est pas DU TOUT, en tous cas avec l’ARCEP actuelle, dans ce genre d’ouverture d’esprit.

  2. « Il y a 3 opérateurs (Wibox,Orange et Comcable) mais beaucoup de gens se plaignent de n’avoir pas . » => Il y a 3 opérateurs (Wibox,Orange et Comcable) mais beaucoup de gens se plaignent de n’avoir pas celui qu’il veulent: Free/Bouygues/SFR/Darty/Numericable/…

  3. Très intéressant commentaires et précisions. Tes remarques sur le besoin de TV + est une réalité. Malheureusement. Tous les retours marchés confirment en effet que la majorité est là-dessus. Je voudrai toutefois que l’on prenne le temps de tenter une vraie alternative d’offres sans TV mais fondée sur des services à la personnes, sociaux, collectifs organisées à la Apple. Beau et efficace. Mais une fois que j’ai dis cela…. A suivre demain sans doute un article sur un début d’ide de plateforme de services… Pour voir. Merci encore en tout cas de ton texte.

  4. La dictature de la majorité est très dangereuse, elle annihile tout sur son passage et nivelle par le bas les solutions technique et commerciales proposées (D’ou la TV et le GPON: Après tout, c’est clair que pour diffuser de la TV, le GPON suffit largement, nul besoin de P2P ou d’AON).
    Et surtout, elle verrouille l’innovation là ou justement le but de « l’IP universel » était de fournir un socle ouvert, duquel on s’éloigne inexorablement.

    En ce qui concerne ton idée d’offre alternative…. Je pense que j’attendrais ton article pour me faire une idée plus précise de la chose. Pour le moment, seule les très petites structures peuvent tenter ce genre d’innovations, en comptant malheureusement uniquement sur les bénévoles pour la réalisation.
    Par exemple, à Tetaneutral.net on va déposer un dossier pour faire partie de http://www.sol-violette.fr/ , une monnaie solidaire. En cas de succès, il devrais être possible de payer son abonnement Internet dans cette monnaie…
    Certains cherchent aussi à travailler sur les aspects économie d’énergie et monitoring de consommation électrique, en partenariat avec le Tetalab.
    Ce qui pêche dans tout ça, c’est que ceux qui développent ça (j’en fait parti) n’ont que peu de connaissance dans les aspects « Interfaces Graphiques », donc à l’heure actuelle on a ni les moyens financier ni les compétences de rendre ça « Joli et Pratique ». Ou alors, ça prendre beaucoup de temps….

  5. Non seulement, c’est la télé qui « tire » le haut débit, mais encore lorsque tu parviens à « faire avouer » les maires, ils balancent assez facilement que la pression vient des addic-télé.

    Faut avouer qu’Infrastructe s’est illustré (1) en se ventant de sa performance à 1500 € la prise, (2) alors que les caractéristiques du réseau sont ceux d’un déploiement en zone très dense (20 mètres de FO par prise avec très peu de vertical) ; (3) a été limité aux 542 meilleures prises (le NRA doit en comporter environ mille (le maire va avoir quelque problèmes avec ses administrés qui n’auront pas la télé)). En pratique, le prix à la prise doit devrait tourner aux alentours de 1 200 € mais il semble qu’est en train de de mettre en place une entente entre déployeurs privés pour faire passer 1500 € à la prise pour le bon prix (soit un déploiement national du ffth à un coût compris entre 60 et 65 milliard d’euros (soit 2 à 2,5 fois l’actif de FT).

    Marc doit avoir juste lorsqu’il dit que nous prenons les choses à l’envers.

  6. Ce que je comprends encore moins , alors, c’est *pourquoi diable* s’acharner à faire passer la TV par les câbles terrestre ?
    Ya des satellites, et en DVB-S2, ya *très largement* la place d’y balancer beaucoup beaucoup de chaines TV ! D’autant plus que les prix des paraboles+décodeur ont baissé, et qu’on trouve des paraboles discrètes (carrées) aussi performantes que les « dish ». Ca n’empêcherais pas les TV connectées (pour les pubs par exemple), et aussi la VOD par Internet (en IP standard)
    Mais du coup les FAI resteraient FAI, et les TV-addict auraient leur dose de temps de cerveau disponible….

    SFR a déjà lancé plus ou moins la chose sur les zones non éligibles à la TV par ADSL…

    Ca

  7. Encore un article qui appuie ce point de vue : http://www.degroupnews.com/actualite/n6988-tres_haut_debit-deploiement-altitude_infrastructure-aumont_aubrac-fibre_optique.html :

    « Les habitants des zones rurales ne veulent pas seulement un gros tuyau pour la connexion Internet mais sont très demandeurs de services audiovisuels »

    En fait je me demande de plus en plus si l’on est pas en train de vouloir un second « plan câble » comme celui des 1980… Si c’est que veulent les gens après tout… Dans ce cas-là ça sert à quoi de vouloir embêter à tenter d’imaginer de nouveaux services, de fibrer tout le territoire, si ce que veulent les gens c’est téléfoot ?

    Après il faut relativiser: Cet article est celui d’un opérateur d’infrastructure, qui la loue « au mégabit par seconde ». Or, la TV *est* un gros consommateur dans ce domaine, ce qui assure donc des bons revenus pour Altitude.

    A coté de ça j’ai quand même l’impression que, chez nous, on n’arrive pas à concevoir les « services audiovisuels » autrement que via la box du FAI. Or justement l’avantage de l’IP c’est de pouvoir, sans contraintes, accéder aux contenus du monde entier. Par exemple, Netflix & GoogleTV comptent bien investir le créneaux – mais comment fournir des services aux gens si ceux-sont ont intégré le fait que seuls les FAI et leur « box à tout faire » peut leur proposer cette prestation ?

  8. Un kiosques de services sans box, sans être en prison avec un FAI unique, mon rêve… Utopie je crois. Mais ailleurs cela existe alors non, c’est jouable.
    Sinon l’article de dégroupdnews est pas top…

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