Socio-économie numérique, ça bouge…

Un pas en avant, un pas en arrière…  mais une musique s’installerait-elle ?

On évoque ici la séparation fonctionnelle entre infrastructures France Telecom et services mais on préconise là les solutions de montée en débit sur la sous-boucle locale qui renforcent la position monopolistique de l’opérateur historique.

La presse se fait écho des mauvais chiffres d’abonnements Très Haut Débit en zones hyper-denses mais ailleurs, loin des métropoles, dans l’Ain par exemple, des offres fibre optique explosent les parts de marché en zone peu denses.

L’étude Mac Kinsey, financée en partie par Google, mesure l’effet d’entrainement de l’Internet dans la création d’emplois et de valeur ajoutée mais les priorités gouvernementales du Grand emprunt peinent à fixer un cap et, surtout, à le tenir.

L’actualité numérique est ainsi, paradoxale et surprenante. Le temps passe, inexorable, et les toutes proches échéances électorales risquent encore de ralentir les horloges de la décision publique. De temps en temps, comme au débotté d’une mauvaise journée, on pourrait s’en énerver ou pire s’en lasser. Ce serait bien compréhensible mais ce serait pourtant sans nul doute une erreur.

Prenons plutôt le pari de l’optimisme et d’un peu d’humour. Car les I-mammouths bougent. Ecoutez, on en entend barrir ici ou là.

Les I-mammouths bougent

Certes leurs cris restent lointains et nous sommes encore bien incapables d’assister aux somptueux spectacles des copulations du grand mammouth orange, mâle dominant né de la rencontre improbable de l’impôt et du marché, et du troupeau des magnifiques femelles territoriales dont pourtant les rejetons grandissent à l’ombre des RIP. C’est vrai.

De la même manière, dans les sauvages tribus de la Seine, quelques mélopées se font entendre. Elles chuchotent de nouvelles complaintes sur le « déploiement des réseaux THD sur l’ensemble du territoire » ; elles murmurent des mots doux aux oreilles des croyants sur « réussir le déploiement, une nécessité pour la France ». Vous me rétorquerez, avec raison d’ailleurs, que ces douces complaintes restent encore largement recouvertes par les bruits de morceaux populaires comme l’Hadopi ou la Lopssi, des hits… Le débat alors s’engagera et nous serons, j’espère, plusieurs à vous faire observer que les signes faibles augurent, dans le numérique comme ailleurs, des changements à venir.

Ailleurs, dans la grande savane française, les clans s’agitent ; ils agissent. Réseaux d’Initiative Publique (RIP), Syndicats d’électricité devenus opérateurs télécom, opérateurs alternatifs astucieux ou même préparations d’expériences de « maison-témoin / open-house » premier point d’organisations d’initiatives d’auto-construction des réseaux… les initiatives sont légions. Les observateurs attentifs pourraient regretter sans doute le manque de coordination, de coopérations, d’interactions. Ils auront encore raison. Mais ils savent bien que cela a toujours été le cas lorsqu’il s’est agi d’innovations et de destruction créatrice.

Le moment de bascule serait-il proche ? Va-t-on plonger ?

Je me souviens de la formule de Jean Michel Billaut lorsqu’il e-évangélisait les foules métropolitaines, ce qu’il fait toujours, sur le THD. Lors de nos conversations du petit matin, il ponctuait ses phrases d’un « ca y est mon gars, ils plongent ». Le nombre alors des candidats aux plongeons vers des projets THD se comptait en centaines. La France allait se couvrir de bassins olympiques optiques dans lesquels elle nagerait vers des lendemains radieux, le teint hâlé et les muscles fermes. On cherchait déjà des Pamela Anderson pour surveiller ces petits baigneurs. On les cherche encore.

Mais le rouge du maillot de Pamela serait-il sur le point de passer au vert ? L’économie numérique du Très Haut Débit pointerait-elle ses premières pousses vers la surface ?  Le flot d’information, de décisions et de contre-décisions, de pressions et d’actions de lobby actuel laisse à penser qu’il pourrait se passer quelque chose.  Alors, allez les musicos, tous au violon, prenez vos guitares, sortez vos plus beaux accords, faut chanter plus fort, sur un rythme de Oum Kalthoum, la chanson des vieux amants ou le chant des partisans. On ne risque que de chanter faux et sans chef d’orchestre.

9 commentaires sur « Socio-économie numérique, ça bouge… »

  1. J’adore ton post… j’ai bien rigolé… Et le jour où Pamela, laissera tomber ses atours on aura gagner…
    t’as loupé ta vocation : t’aurais dû être écrivain ou éditorialiste ou tu devrais faire un p’tit show vidéo tous les matins… un 3 minutes… genre « good morning vietman »… non pardon « good morning gaule »…avec une musique tonitutruante… pardon tonifiante… cela aurait de la gueule…
    et les i mamouths se mirent en branle… boudoume boudoume. Et déboulèrent dans la savane gauloise… boudoume boudoume… Le grand I mamouth mâle sarkodoume avait honoré sa femelle lependoume, boudoume boudoume… il était en pleine forme. On allait voir ce qu’on allait voir boudoume boudoume… âge glaciaire ou pas on va voir ce que l’on voir… boudoume boudoume…
    C’était JP Jambes en direct de la savane gauloise… A vous les studios, à vous Cognacq Jay… boudoume boudoume…

  2. Le communiqué Avicca…

    L’AVICCA se félicite de l’avis de l’Autorité de la concurrence concernant la mise à l’étude de la séparation fonctionnelle de l’opérateur historique, et la mise en place d’une offre de gros activée sur la fibre optique. Ces deux points avaient été évoqués par l’AVICCA dans ses réponses aux consultations publiques de l’ARCEP comme dans ses auditions à l’Autorité de la concurrence.

    Le projet de décision de l’ARCEP concernant la « montée en débit » sur le réseau de France Télécom illustre parfaitement l’absurdité de la situation actuelle, ainsi que l’AVICCA vient de le souligner à l’occasion de sa réponse à la consultation publique qui s’est achevée lundi 7 mars. S’il n’est pas modifié, les collectivités devront financer entièrement l’amélioration de la boucle locale cuivre, pour améliorer les débits insuffisants : réaménagement du réseau, armoire, fibre optique de collecte, et même les équipements actifs des opérateurs. La facture est estimée entre deux et cinq milliards d’euros, et ce, alors que globalement le réseau cuivre est extrêmement rentable, tant pour son propriétaire que pour les fournisseurs d’accès à internet qui l’utilisent, ainsi que le prouvent encore les récents bilans des opérateurs.

    La question d’une séparation fonctionnelle permettrait d’avancer sur le terrain de la concurrence. Mais nos entreprises, services publics et citoyens sont concernés aussi par la couverture du territoire. Un réseau aussi essentiel que la boucle locale, en cuivre aujourd’hui, et en fibre demain, peut-il rester privé ? Si oui, les gains réalisés sur la partie rentable ne serviront pas à étendre et améliorer le réseau dans les nombreuses zones qui ne le sont pas : quartiers peu denses, zones d’activités éloignées, communes rurales…

    Le rapport DATAR sur la fibre optique esquissait un scénario de séparation structurelle de l’opérateur historique, avec remontée de l’Etat au capital de cette entité afin de lui insuffler une logique publique. Il permettrait d’auto-financer le passage du réseau cuivre au réseau fibre, sans les atermoiements et retards actuels. Au rythme de ce qui s’est construit en 2010, il faudrait un siècle pour généraliser le Très haut débit, et il faudrait plus de dix milliards d’euros de subventions pour équilibrer les comptes dans le cadre envisagé.

    Si le régulateur doit étudier le scénario de la séparation fonctionnelle, pour la concurrence, le Gouvernement et le Parlement doivent étudier celui de la séparation structurelle, dans tous ses aspects : économie, articulation avec les collectivités, et, bien sûr, questions sociales pour le personnel de France Télécom, qui doit être pleinement associé à cette réflexion.

  3. toute la problématique de l’état préhistorique français …
    Que doit on faire d’efficace pour l’économie mais en prenant bien garde de toujours pouvoir contrôler ce qui pourrait se passer.
    Or comme personne ne peut vraiment le prévoir, on patine gaiement dans l’inaction, pendant que le reste du monde avance au rythme des innovateurs de tous poils que les états sont bien contents d’avoir.
    Ce coté contrôleur/voyeur permanent, digne de l’ancien régime soviétique est encore une constante de notre système étatique quel que soit les tendances politiques en place…

  4. (Sur le chef d’oeuvre de l’Autorité de la concurrence) La main invisible du marché est pour le moins vaseuse et atteinte de logorrhée scripturale (je ne sais comment cela s’appelle), version 21 pages pour décrire une réalité diminuée à 99%. Je sens que je vais mourir complétement énervé.

    Où sont passé les bébés FT (pour plagier le texte des américains) encore plus avides et cupides que leur mère ? Et les clients (dans l’intérêt desquels turbine l’autorité de la concurrence) qui n’en peuvent plus de cette bataille de nains ?

    Il y a quelque chose de pas très cohérent dans un système de gouvernance régit par la  » concurrence libre et non faussée » d’établir une zone d' »activités durablement en monopole ». (le serpent qui avale sa queue jusqu’aux yeux !!!!!)

    Quatre nanas (c’était la journée de la femme) et deux mecs s’y sont collés : ce n’est pas le programme du CNR.

  5. Des phrases comme « FT a reçu le réseau en héritage » sont susceptibles d’énerver n’importe qui reçoit les vidéo en tranche de 2 secondes. Au cinquantième degré, cela veut bien dire que FT ne fait pas partie des dames qui ont mouillé la chemise pour faire partie des nanas qui font du 30% de résultats opérationnels. Il me semble qu’il existe des formules plus directes et plus proches de l’exaspération des clients afin de mettre en évidence la fainéantise et la prétention de dame FT (Foutue Togne ?)

    Faudrait demander à Franck LEPAGE de restituer les discours de FT, de l’ARCEP ou de l’élu local en matière de THD.

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