La vision du marché internet des objets selon Sigfox

L’Internet des objets décolle depuis quelques années, essentiellement d’ailleurs autour des besoins du monde de l’énergie. Solutions machine to machine, capteurs connectés ou encore, par exemple, monitoring de réseaux d’eau ou d’énergie dessinent non seulement une partie de l’industrie des télécommunications de demain mais aussi de nouveaux leviers d’économie et de services. Thomas Nicholls, de Sigfox, a accepté de nous présenter en quelques mots l’écosystème Sigfox et ce nouveau marché.

SIGFOX est un opérateur de réseau cellulaire, basé à Toulouse, entièrement dédié à la communication bas débit pour l’objet connecté. Son réseau relie d’ores et déjà des dizaines de milliers d’objets via une technologie spécifique. Conçue pour la transmission bas-débit, de 10b/s à 1kb/s, cette bande de fréquence permet de transporter les données sur une longue distance, jusqu’à 40km en champ libre, et de communiquer avec des équipements même enfouis. Comparé à un réseau cellulaire de type GSM, cette solution nécessite selon SIGFOX, pour le même niveau de couverture, « environ 1000 fois moins d’antennes et des stations de base 100 fois moins chères à construire et à opérer ». Autre avantage selon l’opérateur « tous les éléments radio utilisés dans le réseau sont très nettement moins consommateurs d’énergie que des dispositifs utilisant une technologie concurrente (GSM ou radio large bande)».

A titre d’exemple, SIGFOX vient par exemple, en décembre 2012, de signer un partenariat avec la MAAF au sujet d’un service de détection d’incendie ou d’intrusion. Ce système permet aux assurés MAAF qui en bénéficient, grâce aux détecteurs disposés dans l’habitation, d’être avertis directement, par sms via leur opérateur de téléphonie, en cas de détection de mouvements ou de fumées. Ce service d’auto-surveillance utilise justement le réseau Sigfox qui permet d’interconnecter les détecteurs installés.

La complémentarité avec les réseaux haut et très haut débit, plutôt dédiés services à la personne, semble évidente. Réseaux cuivre d’hier et réseaux fibre optique de demain servent à distribuer des services fortement consommateurs de bande passante et demandant, parfois, des temps de latences courts comme jeux en ligne, vidéo à la demande, partage de photos, réseaux sociaux… Ce sont les supports du web 2.0 d’aujourd’hui et des Web sociaux et cognitifs à venir. Les réseaux bas débit, comme celui de SIGFOX, sont eux destinés aux échanges entre machines connectées. Smarts grids et efficacité énergétique, relève de compteurs, automatisation et contrôle d’appareils à distance, détecteurs de fuites d’eaux, détecteurs de chute pour personnes âgées, capteurs pour la gestion de flottes de véhicules, autant d’applications « services » qui doivent disposer de solutions connectivité spécifique. C’est le métier de SIGFOX. C’est ce que nous explique Thomas Nicholls.