Comment assurer la montée en débit dans la sous-boucle locale de France Telecom ? L’Arcep consulte

L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes met en consultation publique un document intitulé « La montée en débit via l’accès à la sous-boucle locale de cuivre de France Télécom ». Le document constitue à la fois une présentation, un guide et un projet de recommandations pour la mise en œuvre de la montée en débit.

L’ARCEP sollicite l’avis de tous sur l’ensemble du présent document. Les commentaires doivent être transmis à l’Autorité, de préférence par e-mail à l’adresse med@arcep.fr avant le 7 mars 2011. “Il sera tenu le plus grand compte des commentaires publics transmis à l’Autorité.”

Le document est téléchargeable ici http://www.arcep.fr/uploads/tx_gspublication/recomm-montee-en-debit-240111.pdf

Une bonne équation économique territoriale : économies numériques + énergies nouvelles et renouvelables = valeur ajoutée durable.

Cette information publiée par datacenter.silicon.fr a attiré mon attention. Dans un message publié sur le forum de la société, le fondateur de l’hébergeur OVH confirme sa volonté d’investir dans les énergies renouvelables (ENR). Son objectif : maitriser les coûts de l’énergie. L’information pourrait sembler relever de l’anecdote. Je ne le pense pas pour au moins 2 raisons.

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Quelques questions sur l’aménagement numérique français

Le marché, surtout le marché, pourquoi et comment ? La récente décision de l’Arcep sur le déploiement fibre optique en zones « moins denses » ne rappelle-t-elle pas surtout que rien n’existe encore pour les territoires hors marché ? Et si le marché ne décide pas, que devient alors le grand chantier numérique national ? Pourquoi alors ne pas compléter le triopole dominant par un réseau d’opérateurs réunis au sein d’un grand organisme indépendant d’ambition nationale ? Peut-on s’inspirer de l’exemple australien et décider de séparer infrastructures France Telecom et services ?

Slow blog 1… Il en est des blogs comme de la vie, il s’avère parfois nécessaire de  jeter un coup d’œil dans le rétroviseur et de lutter contre la stérile tyrannie de l’urgence pour en revenir aux fondamentaux. Après quasi deux mois de mise en ligne de papiers et d’interviews, une première étape de ce temps semble venu. D’autres suivront afin de marquer les étapes d’un chemin. Au départ, il s’agissait, à travers cette modeste plate-forme en ligne, de collecter et de partager un matériel , des idées, des propositions, des réactions, nombre de questions aussi, pour tenter de mieux comprendre les fondamentaux de la politique d’aménagement numérique du territoire français. Progressivement ainsi grâce aux « amis » retrouvés ou rencontrés, les informations se sont enrichies, des initiatives se sont esquissées, d’autres pistes ont émergé… Mais les interrogations l’emportent toujours, et de beaucoup, sur les convictions. Ce sont donc ces questions, et quasiment elles seulement, qui seront les petits cailloux, ou les bribes de pain sec, qui dessineront le sentier de montagne de ce jour. Demain des propositions ? Un  collectif se forme pour les travailler.

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Jerôme Coutant nommé membre de l’ARCEP

Une nouvelle intéressante…  Par décret du Président de la République en date du 25 janvier 2011, Jérôme Coutant est nommé membre de l’ARCEP en remplacement de Patrick Raude, démissionnaire. Jerôme connait bien les problématiques de l’aménagement numérique ; nombre d’entre-nous ont eu l’occasion de collaborer avec lui sur l’un des RIP français.  Il a été en particulier responsable, pour la Caisse des Dépôts, du programme développement numérique des territoires pour le grand sud–ouest. A ce titre, nous avons pu compter sur lui souvent pour soutenir le projet très haut débit de Pau.

Fin 2007, il est devenu chef du pôle aménagement numérique du territoire à la DATAR, puis a été appelé, en juillet 2009, au cabinet de Michel Mercier, ministre de l’espace rural et de l’aménagement du territoire, en tant que conseiller chargé des services publics et de l’économie numérique.

Je formule des vœux pour qu’il réussisse dans ses nouvelles tâches.

Les sociétés publiques locales : une occasion pour relancer le débat sur l’exploitation directe des réseaux Telecom par les collectivités ?

Dans un article des Echos du 24 janvier, Philippe MOREAU signale le démarrage progressif des sociétés publiques locales (SPL). Pour rappel, ces SPL reprennent le modèle des Société d’Economie Mixte (SEM), SPL et SEM se distinguant par la composition de leur capital social et des relations contractuelles avec leurs collectivités locales actionnaires. Dans le cas des SEM, le capital est mixte (50 à 85% pour le capital public et 15 à 50% pour le capital dit privé) alors que pour les SPL, les collectivités locales (au moins au nombre de 7) détiennent la totalité du capital.

Les SEM ont déjà largement démontré leur intérêt, notamment dans les projets TIC. Gestion de zones d’activités dédiées, comme Pau Cité Multimédia, FAI comme la SEM E-tera, ces sociétés publiques jouent un véritable rôle de levier en matière d’économie numérique. Pourront-elles demain aussi permettre enfin aux collectivités territoriales de procéder en matière de gestion de réseaux de télécommunications à l’instar de ce qu’elles ont le droit de décider pour les réseaux d’eau par exemple ? C’est en effet là l’une des bizarreries de nos politiques nationales. Il n’est pas toujours si simple pour une collectivité de devenir opérateur de services Internet…

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Investissements d’avenir. L’Etat lance plusieurs nouveaux appels à projets numériques

L’État cherche à stimuler les innovations services via plusieurs nouveaux appels à projets. Ces appels à projets s’inscrivent dans le cadre du soutien au développement des “nouveaux usages numériques”, prévu au sein de la ligne « usages, services et contenus innovants » du volet des Investissements d’avenir consacré au développement de l’économie numérique.

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La récente décision de l’Arcep sur le déploiement fibre optique en zones “moins denses” rappelle que rien n’existe encore pour les territoires hors marché

L’Arcep, dans sa décision  2010-1312 en date du 14 décembre 2010 publiée au JO en janvier, poursuit sa mission de régulation.  Elle fixe les modalités de mutualisation de réseaux optiques pour les zones dites “moins denses”. Rappelons que lesdites zones moins denses correspondent à toutes celles qui ne sont considérées comme “très denses”. Schématiquement, pour l’Arcep, ces dernières correspondent aux aires urbaines de plus de 250.000 habitants.

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Très haut débit dans l’Ain

La troisième et dernière partie de l‘interview de Patrick CHAIZE, directeur du Syndicat Intercommunal d’énergie et de e-communication de l’Ain (SIEA), a trait aux opérations de déploiement de réseau fibre optique dans l’Ain, notamment en milieu rural. Cet échange me semble riche à bien des titres. Il confirme d’abord que l’essentiel des techniques de déploiement en espace public sont maîtrisées en milieu rural aussi. Le SIEA fait notamment un usage important des solutions aériennes qui donnent satisfaction et qui permettent de réduire significativement les coûts de déploiement.

L’interview de Patrick CHAIZE donne ensuite des informations précises sur la faisabilité financière de ces chantiers numérique très haut débit en campagne. Je vous engage à aller jusqu’au bout de l’échange ; la démonstration mérite le détour. De manière schématique, elle indique que l’équation financière réseaux très haut débit ruraux semble tenable. D’une part, les expériences de l’Ain montrent la grande appétence des consommateurs ruraux pour des solutions très haut débit performantes. Les parts de marché fibre optique y atteignent des sommets. D’autre part, ces opérations aboutiraient à un retour sur investissements d’environ 15 ans avec une part de soutien financier public d’environ 20%. Quinze ans pour des investissements publics semblent constituer un temps de retour que l’on pourrait qualifier sans grand risque « d’intérêt général ». Mais avec un soutien public, dans le cas de l’Ain essentiellement régionaux et européens, de 20%… Et là se repose encore et toujours la question de la solidarité numérique nationale. Je ne crois pas, à ce titre, à la course en avant actuelle de territoires ruraux engagés dans une quasi concurrence sur les aides et les soutiens. Ce n’est pas là bonne économie. Nous sommes en outre nombreux à espérer des éclaircissements rapides sur les usages du Grand Emprunt National. Mais, en supposant que les réponses attendues ne tardent plus, plus j’avance dans mes entretiens, plus j’échange, plus j’écoute, plus se forge une conviction forte : il y a urgence à lancer une solution de péréquation. Nous reviendrons plus amplement sur ces questions dans un prochain article.

Terroirs numériques

Parlons clair… aujourd’hui, faute de services ad hoc, 100 Mbps symétrique ne sert à rien pour vous comme pour moi. Demain pourtant, ce sera la norme, le mètre étalon de tous ces mâles opérateurs occupés à comparer la longueur de leurs attributs comme je compare les Islay de 10 et 20 ans. Et force est de constater que même à quelques euros de plus, pas mal d’euros de plus, le 20 ans c’est quand même autre chose. J’avais eu la même révélation, voici quasi 25 ans, putain 25 ans, avec le Calvados. J’adore la Normandie. C’est la faute, notamment, au calva, au cidre et au fromage. Peut-être également au goût laiteux des peaux normandes.

Rappelez-vous ces dégustations pas aveugles du tout où progressivement vous remontiez le temps vers des âges qui tangentent le votre… C’est sans doute le seul instant où vieillir c’est du plaisir. Un calva de 50 ans… Pur bonheur. Qui a dit « rien à voir » ? Jeune écervelé. Bien sûr que cela à voir. Calva, Islay, Madiran nous apprend le rapport au temps. Et dans ce monde baroque du web, on manque de rapport au temps, on crève de ne pas relire l’histoire ; on suffoque de ne pas penser le temps long ; bref, on devient con. Et comme disais mon copain Malam, « con ce n’est pas bon ».

Les filles, les gars, Malan, mon vieux directeur banque mondiale à Niamey, a raison. Il faut retrouver le rapport à l’histoire, cultiver les sucres lents et prendre son temps. Le temps par exemple de se demander où sont les terres de mise en culture de l’Internet de demain, le temps de questionner la ville, de lui demander « ô la ville tu as envie d’inventer ou bien ? »…

Et la ville me répondit… pas envie, pas le temps, pas besoin… Et la ville me dit… Pourquoi, comment, à quoi bon ? Les aquoiboniste nous feront devenir chinois si l’on n’y prends pas garde. Coréens plutôt ? Qu’importe… Ils nous feront jacter le british mâtiné de mandarin. Ils inventeront une langue aussi imbuvable que les kiravi que je testais au Nord du Niger, dans ces  terres de rêve où seules les palettes de ce vin là résistait à l’ardeur solaire. Kiravi en plein Ténéré,… Autant l’avouez j’ai préféré le thé. Donc la ville n’a pas envie. Gavée, elle ne croit plus en nos lendemains numériques. Elle se complait dans les plaines mornes du triple play. Elle ne veut pas inventer la vie à 100 mbps. Elle n’a plus faim ?

Pas grave les copains. Ce n’est pas là que l’on a inventé le pain. Le blé se cultive ailleurs, les vaches n’aiment pas les faubourgs et les agneaux n’ont que faire de parigos. On a du donc du pot, on va pouvoir inventer, retrouver le temps de semer, de se tromper, de laisser pousser pour un jour, peut-être récolter. Là bas, au fond des coteaux, dans les plaines, dans les sommets, cachés derrière les clochers, le bonheur est dans les prés ?

Nul ne le sait. Mais rêvons ce soir d’AOC et construisons ces terroirs de qualité où l’on fera pousser le web de demain. Un web sans TF1, un web des gens, des filles et des gars. Ce soir, songe d’une nuit d’hiver face au bleu rosé des Pyrénées, j’ai rêvé d’un rural innovant, de nouveaux services et de réseaux construits aussi par nous. Plongé dans le noir d’une panne de réseau, confiné dans un 3G balbutiant et réfugié sous les dorures ypadesques, j’ai pris le temps de penser terroirs numériques.

Demain gueule de bois ? Non, il fera beau dimanche.

Développement numérique des territoires et syndicat d’électrification rurale. La nouvelle convergence ?

Cette seconde partie de l‘interview de Patrick CHAIZE, directeur du Syndicat Intercommunal d’énergie et de e-communication de l’Ain (SIEA), illustre le cheminement par lequel un syndicat d’électrification rurale est devenu opérateur neutre de réseaux Web.

L’histoire du SIEA est intéressante à bien des titres. Elle confirme d’abord la très forte “proximité métiers” entre les professionnels des réseaux électriques et ceux des infrastructures de télécommunications. Elle rappelle ensuite l’ampleur des obstacles à surmonter afin de parvenir à transformer cette proximité en décisions. Une fois encore d’ailleurs, un peu comme un gag éculé qui revient trop souvent, les pressions de l’opérateur historique pour freiner le mouvement vers le très haut débit sont mises en exergue. L’histoire du vote au Sénat de la loi sur la confiance numérique racontée par Patrick Chaize me rappelle ce rendez-vous ubuesque entre André Labarrère et Thierry Breton alors grand chef FT au sujet du réseau fibre optique de Pau Pyrénées. Mais c’est une autre histoire…

L’interview du directeur du SIEA montre surtout l’un des chemins possibles pour attaquer la question de l’aménagement numérique, un chemin qui permet à la fois de mutualiser des ressources, de diminuer les coûts de déploiement – exploitation et d’investir efficacement de l’argent public.  Je reste convaincu que le plus gros des réseaux fibre devraient être vraiment maîtrisés par la puissance publique. J’observe, comme Bernard Guarrigues, l’opacité des pratiques comptables des opérateurs du marché et la difficulté, y compris dans les formes déléguées, de mesurer vraiment la performance des réseaux, par exemple d’initiative publique. La piste des syndicats d’électrification lève cet obstacle je pense.

Cette convergence entre syndicats d’électrification rurale et émergence d’opérateurs Internet vraiment neutres s’affirme donc comme l’une des pistes les plus intéressantes pour désenclaver numériquement le territoire national.

Dans une troisième partie de l’interview, à paraître prochainement, Patrick Chaize montre d’ailleurs à ce sujet que les modèles économiques de déploiement fibre optique en milieu rural ne sont pas aussi irréalistes que l’on nous l’explique parfois. Retour sur investissements, résultats, idées… A suivre donc.